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Prévoyance21 min de lectureMis à jour le 12 octobre 2026

Dirigeant TNS en arrêt maladie : combien touchez-vous vraiment en 2026 (et pendant combien de temps) ?

En 2026, un artisan, un commerçant ou un gérant majoritaire en arrêt maladie perçoit au maximum 65,84 € bruts par jour, soit environ 1 975 € par mois, après 3 jours de carence et pendant 360 jours sur 3 ans : l’indemnité vaut 1/730 du revenu moyen des trois dernières années, dans la limite d’un plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 €). Un président de SAS ne touche que 42,97 € par jour, un professionnel libéral réglementé jusqu’à 197,5 € mais seulement 87 jours. Pour un dirigeant à 60 000 € de revenu, six mois d’arrêt laissent un manque à gagner de 18 000 € à 23 000 €, avant les charges de l’entreprise qui continuent.

Quatre statuts, quatre régimes : ce que la Sécurité sociale verse en 2026

Le sigle TNS recouvre des situations qui ne sont pas indemnisées de la même façon. Ce qui décide du montant, c’est moins le niveau de revenu que le régime auquel le dirigeant cotise : un gérant majoritaire de SARL, un micro-entrepreneur, un architecte en libéral et un président de SAS ne relèvent pas des mêmes règles. Les quatre régimes partagent trois mécaniques : une indemnité journalière (IJ) calculée sur un revenu moyen passé et non sur le revenu en cours, un délai de carence de 3 jours, et un plafond qui rend l’indemnité indifférente au revenu au-delà d’un certain niveau.

Les montants du tableau reposent sur deux repères officiels de 2026. Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € par l’arrêté du 22 décembre 2025, plafonne l’IJ des indépendants à 1 PASS et celle des professions libérales réglementées à 3 PASS. Le SMIC, revalorisé automatiquement à 12,31 € de l’heure au 1er juin 2026, plafonne à 1,4 fois son montant mensuel le salaire retenu pour les dirigeants assimilés salariés. Deux règles nouvelles s’y ajoutent : la durée des arrêts prescrits est limitée depuis le 1er septembre 2026, et l’indemnisation des affections de longue durée non exonérantes tombe à un an pour les arrêts prescrits à compter du 15 octobre 2026.

Ce que verse le régime obligatoire en 2026, statut par statut (montants bruts, hors prévoyance complémentaire)

StatutBase de calcul de l’IJMaximum par jour en 2026CarenceDurée maximalePour ouvrir le droit
Artisan, commerçant, gérant majoritaire de SARL ou d’EURL1/730 du revenu d’activité annuel moyen des 3 dernières années65,84 € (1 PASS de 48 060 €)3 jours360 IJ sur 3 ans ; affection de longue durée : 3 ans, ou 1 an si elle n’est pas exonérante (arrêts prescrits à compter du 15 octobre 2026)12 mois d’affiliation, cotisations à jour dont la cotisation minimale d’IJ
Micro-entrepreneur1/730 du chiffre d’affaires moyen après abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 %)65,84 €3 jours360 IJ sur 3 ans12 mois d’affiliation ; IJ nulle sous 4 582 € de revenu retenu
Profession libérale réglementée (CNAVPL, hors avocats)1/730 du revenu d’activité annuel moyen des 3 dernières annéesEnviron 197,5 € (3 PASS de 144 180 €)3 jours87 jours (du 4e au 90e jour d’arrêt) et 360 IJ sur 3 ans ; relais éventuel de la caisse de la profession ensuite12 mois d’affiliation
Président de SAS ou de SASU, gérant minoritaire ou égalitaire de SARL (assimilé salarié)50 % du salaire journalier de base (3 derniers salaires bruts ÷ 91,25), salaire plafonné à 1,4 SMIC42,97 € pour un arrêt à compter du 1er juillet 20263 jours360 jours sur 3 ans ; affection de longue durée : 3 ans, ou 1 an si elle n’est pas exonérante (arrêts prescrits à compter du 15 octobre 2026)Arrêt de moins de 6 mois : 150 heures sur 3 mois ou 1 015 fois le SMIC horaire cotisé sur 6 mois ; aucune IJ sans salaire

Gérant majoritaire, artisan, commerçant : le calcul, le plafond de 65,84 € et la durée

Le droit aux IJ suppose trois choses : être affilié à la Sécurité sociale des indépendants (ex-RSI) pour son activité depuis au moins 12 mois sans interruption, avoir payé ses cotisations d’assurance maladie, dont la cotisation minimale d’indemnités journalières, au moment du constat médical de l’incapacité, et disposer d’un arrêt de travail prescrit par un médecin. Les indemnités sont versées par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). La condition d’un an pèse sur les créateurs : un dirigeant qui tombe malade pendant sa première année d’activité n’est en principe pas indemnisé, sauf si une affiliation antérieure ininterrompue peut être prise en compte.

L’IJ vaut 1/730 du revenu d’activité annuel moyen (RAAM), c’est-à-dire la moyenne des revenus retenus pour le calcul de vos cotisations sur les trois années civiles précédant l’arrêt : 2023, 2024 et 2025 pour un arrêt débutant en 2026. Diviser par 730 revient à verser la moitié du revenu journalier moyen. Le RAAM est plafonné à un PASS, soit 48 060 €, ce qui fixe le maximum à 65,84 € bruts par jour, environ 1 975 € pour un mois de 30 jours. Un gérant à 50 000 €, à 80 000 € ou à 300 000 € de revenu perçoit la même chose. Il cotise pourtant pour les IJ jusqu’à cinq plafonds (0,50 % du revenu jusqu’à 240 300 €) alors que l’indemnité s’arrête au premier.

L’indemnisation commence après 3 jours de carence, donc le 4e jour d’arrêt, et dure au maximum 360 IJ sur une période de 3 ans, pour un ou plusieurs arrêts : un peu moins d’un an. Une affection de longue durée peut ouvrir 3 ans d’indemnisation ; pour les affections non exonérantes, non prises en charge à 100 %, la durée est ramenée à un an pour les arrêts prescrits à compter du 15 octobre 2026, par deux décrets du 16 septembre 2026 dont l’un étend la mesure aux indépendants. En temps partiel thérapeutique, l’indemnité est réduite de moitié. Ensuite, la pension d’invalidité peut prendre le relais si la capacité de travail ou de gain est réduite d’au moins deux tiers.

Les IJ sont soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %) et, sauf affection de longue durée exonérante, imposables à l’impôt sur le revenu : le montant encaissé est inférieur au chiffre brut. Elles remplacent par ailleurs un revenu d’activité avant cotisations et avant impôt, et non un revenu disponible. Le tableau ci-dessous montre comment la part du revenu remplacée s’effondre dès que le revenu dépasse le PASS : à 48 060 €, l’IJ couvre la moitié du revenu journalier ; à 100 000 €, moins d’un quart.

IJ d’un indépendant selon le revenu d’activité annuel moyen retenu (plafond 2026 : 65,84 € par jour)

Revenu annuel moyen retenuIJ par jourIJ pour 30 joursPart du revenu remplacée
20 000 €27,40 €822 €50 %
36 000 €49,32 €1 480 €50 %
48 060 € (1 PASS)65,84 €1 975 €50 %
60 000 €65,84 €1 975 €40 %
100 000 €65,84 €1 975 €24 %

Revenu faible, dividendes, rémunération minimale : le piège de la base de calcul

Le piège le plus coûteux ne se situe pas dans le plafond mais dans la base. L’IJ n’est calculée ni sur ce que vous dépensez ni sur ce que vous encaissez, mais sur le revenu qui a servi à calculer vos cotisations, moyenné sur trois ans et transmis à la caisse par l’Urssaf. Pour un gérant majoritaire, cette assiette comprend la rémunération et les avantages, plus la seule fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes inscrites en compte courant d’associé. La réforme de l’assiette sociale, appliquée à partir de la déclaration des revenus 2025, remplace la déduction des cotisations par un abattement forfaitaire de 26 % : la moyenne d’un arrêt de 2026 mêle donc deux méthodes. Une déclaration de revenus incomplète ou sous-évaluée se retrouve, trois ans plus tard, dans l’indemnité.

La conséquence est mécanique : les dividendes sous le seuil de 10 %, qui échappent aux cotisations, échappent aussi aux indemnités. Prenons un gérant dont la caisse retient 25 000 € de revenu d’activité et qui se verse en outre 40 000 € de dividendes sous le seuil. Ses flux annuels réels dépassent 60 000 €, mais son IJ est de 25 000 ÷ 730 = 34,25 € par jour, soit environ 1 030 € par mois. L’optimisation qui allège les cotisations aujourd’hui réduit à due proportion l’indemnité de demain, et ce coût n’apparaît dans aucune simulation de rémunération.

Le plancher joue en sens inverse pour les revenus très faibles. Un indépendant qui paie la cotisation minimale d’indemnités journalières, calculée sur une assiette de 40 % du PASS (19 224 € en 2026, soit 96 € de cotisation par an), conserve une IJ minimale d’environ 26,33 € par jour. Ce plancher évite l’indemnité nulle, mais il représente à peine 790 € par mois, très en deçà du train de vie d’un dirigeant. Les micro-entrepreneurs n’ont pas d’assiette minimale : ils peuvent tomber à une IJ nulle lorsque leur revenu retenu est inférieur à 4 582 €.

Le président de SAS ou de SASU est plus exposé encore. Les dividendes ne supportent en principe aucune cotisation sociale : ils ne comptent donc jamais dans le calcul. Sans salaire, il n’y a pas de cotisations et donc pas de droit aux IJ ; avec un salaire modeste, la condition d’ouverture peut ne pas être remplie, puisqu’il faut avoir cotisé sur au moins 1 015 fois le SMIC horaire sur les six derniers mois civils (12 494,65 € avec le SMIC de juin 2026, soit environ 2 080 € bruts par mois) ou justifier de 150 heures de travail sur trois mois. C’est le salaire qui ouvre le droit, pas le bénéfice de la société.

Professions libérales, micro-entrepreneurs, présidents de SAS : trois cas à part

Les professions libérales réglementées affiliées à la CNAVPL (médecins, architectes, experts-comptables, infirmiers et kinésithérapeutes libéraux, par exemple) disposent d’un régime d’IJ depuis le 1er juillet 2021, financé par une cotisation de 0,30 % du revenu dans la limite de 3 PASS. Le calcul est identique, 1/730 du revenu annuel moyen, mais le plafond est trois fois plus haut : 144 180 € de revenu, soit environ 197,5 € par jour. La contrepartie est la durée : l’Assurance maladie ne verse l’IJ que du 4e au 90e jour d’arrêt, soit 87 jours consécutifs, dans la limite de 360 IJ sur 3 ans. Les avocats relèvent de la CNBF et de leur propre régime.

Au 91e jour, la CPAM cesse de verser et la caisse de la profession devient l’interlocuteur. Certaines sections, notamment pour plusieurs professions de santé et pour les experts-comptables, versent alors une IJ avec leurs propres montants et conditions ; d’autres n’en prévoient aucune et n’interviennent qu’au stade de l’invalidité. Un libéral qui se croit couvert par « la Sécu » peut donc découvrir un trou complet au quatrième mois. Attention à l’étiquette : les professions libérales non réglementées (consultants, formateurs, coachs) relèvent de la Sécurité sociale des indépendants et suivent les règles des artisans et commerçants, soit 65,84 € par jour au maximum et 360 jours.

Les micro-entrepreneurs obéissent aux règles des indépendants, avec deux particularités. Leur revenu retenu est le chiffre d’affaires moyen diminué de l’abattement forfaitaire (71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 34 % pour les activités libérales), sans assiette minimale. Et l’IJ est nulle quand ce revenu moyen est inférieur à 10 % de la moyenne des plafonds des trois dernières années, soit 4 582 € pour un arrêt débutant en 2026. Un micro-entrepreneur en prestations de services qui facture 30 000 € par an est indemnisé sur 15 000 €, soit 20,55 € par jour. Celui dont le chiffre d’affaires est faible peut opter pour des cotisations minimales afin de préserver ses droits.

Le président ou le directeur général de SAS ou de SASU, comme le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL, est assimilé salarié et relève du régime général. L’IJ vaut 50 % du salaire journalier de base, obtenu en divisant par 91,25 la somme des trois derniers salaires bruts. Le salaire retenu est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel pour les arrêts débutant à compter du 1er avril 2025 (décret du 20 février 2025), contre 1,8 fois avant cette date. En 2026, ce plafond de 2 613,82 € bruts par mois ramène l’IJ à 42,97 € par jour au maximum pour un arrêt à compter du 1er juillet 2026, soit environ 1 290 € par mois : au-delà de 31 400 € de salaire annuel, plus rien n’est couvert.

À la différence d’un salarié, le président n’a en principe aucun maintien de salaire à attendre de la société. Cette obligation légale, qui complète les IJ à 90 % puis 66,66 % du salaire selon l’ancienneté, naît du contrat de travail, que le mandataire social n’a pas, sauf cumul réel d’un contrat de travail. Les associés peuvent décider de maintenir sa rémunération, mais c’est alors la société qui la paie, sur une trésorerie que son absence fragilise déjà. Seule une prévoyance incluant expressément le mandataire social change la donne : l’article « Protection sociale du président de SASU sans salarié : ce qui est obligatoire (et ce qui ne l’est pas) » détaille la prévoyance cadre.

Exemple chiffré : 60 000 € de revenu, six mois d’arrêt, et ce qui continue de courir

Prenons un dirigeant dont le revenu d’activité annuel moyen retenu par la caisse est de 60 000 € (une rémunération brute annuelle de 60 000 € pour un président de SAS), arrêté six mois consécutifs, soit 182 jours. Hypothèses : conditions d’ouverture remplies, un seul arrêt hors affection de longue durée, aucune reprise, 3 jours de carence, plafonds 2026 (PASS de 48 060 €, 1,4 SMIC), montants bruts avant CSG, CRDS et impôt, aucune prévoyance complémentaire. Pour un gérant : 60 000 ÷ 730 = 82,19 €, plafonnés à 65,84 € ; 179 jours indemnisés × 65,84 € = 11 785 €, contre un revenu d’activité de 29 918 € sur la période.

Le tableau donne l’ordre de grandeur pour les quatre statuts. À 60 000 € de revenu réel, le régime obligatoire remplace de 24 % à 39 % du revenu perdu sur six mois : le manque à gagner personnel va de 18 100 € à 22 800 €. Le micro-entrepreneur, dont le revenu retenu est amputé de l’abattement, est indemnisé à 49 % de ce revenu retenu, mais sur une base très inférieure à son chiffre d’affaires. Sur un an d’arrêt, la limite de 360 IJ plafonne le total à 23 702 € pour un gérant, contre 60 000 € de revenu non perçu, soit 36 300 € de manque.

Pendant ce temps, l’entreprise ne s’arrête pas. Loyers, assurances, abonnements, crédit-bail, honoraires et surtout salaires de l’équipe continuent de courir, alors que le chiffre d’affaires dépend souvent du dirigeant : c’est lui le commercial, le technicien ou le prescripteur. Aucun euro d’IJ n’y contribue, puisque l’indemnité est versée au dirigeant et non à la société. Il faut donc faire deux calculs séparés : le revenu personnel à remplacer, et la trésorerie nécessaire pour tenir l’entreprise pendant l’absence, y compris les remplacements ou les renforts à financer.

Vos cotisations personnelles continuent aussi d’être appelées. Elles reposent sur le dernier revenu connu, puis sont régularisées après votre déclaration annuelle : un gérant qui a déclaré 60 000 € continue de payer des acomptes calculés sur ce niveau tant qu’il n’a pas signalé de baisse. Vous pouvez demander à l’Urssaf de réévaluer vos cotisations provisionnelles à partir d’une estimation de revenus plus basse, mais les cotisations minimales restent dues et une estimation trop optimiste se paie en régularisation l’année suivante.

Les échéances d’emprunt, professionnelles comme personnelles, sont prélevées aux dates prévues. L’assurance emprunteur peut couvrir l’incapacité temporaire de travail, mais selon une définition et une franchise à lire dans le contrat, et pour la seule échéance du prêt, pas pour le reste des charges : l’article « Assurance emprunteur du dirigeant : ce qu’un TNS doit vérifier avant de signer un crédit professionnel » détaille les points de vigilance. Additionnez la perte de revenu, les charges de l’entreprise, les cotisations et les échéances : c’est ce total, et non la seule IJ, qui mesure le besoin de financement d’un arrêt, et c’est lui qu’il faut estimer avant le sinistre.

Six mois d’arrêt (182 jours) pour 60 000 € de revenu annuel : IJ obligatoires et manque à gagner (montants bruts)

StatutIJ par jourJours indemnisésIJ perçuesRevenu non perçuManque à gagnerPart remplacée
Artisan, commerçant, gérant majoritaire65,84 €17911 785 €29 918 €18 133 €39 %
Profession libérale réglementée (sans relais de caisse)82,19 €877 151 €29 918 €22 767 €24 %
Président de SAS (5 000 € bruts par mois)42,97 €1797 692 €29 918 €22 226 €26 %
Micro-entrepreneur en BNC à 60 000 € de chiffre d’affaires (revenu retenu : 39 600 €)54,25 €1799 711 €19 746 €10 035 €49 %

Le rôle d’une prévoyance individuelle, et les erreurs qui la vident de sa substance

Une prévoyance individuelle de dirigeant a un rôle précis : combler l’écart entre l’IJ de la Sécurité sociale et le revenu à remplacer, sur trois risques distincts. Les indemnités journalières complémentaires, d’un montant choisi à la souscription et versées après une franchise (15, 30, 60 ou 90 jours selon le contrat), couvrent l’arrêt de travail. La rente d’invalidité prend le relais lorsque l’arrêt devient durable, après les 360 jours du régime obligatoire. Le capital décès protège la famille. Ces trois garanties se dimensionnent séparément, et c’est la première faiblesse de beaucoup de contrats : un seul montant pour tout.

Le coût se situe, selon les profils, autour de 2 % à 5 % du revenu annuel pour une couverture correctement dimensionnée, avant déduction Madelin pour un indépendant : l’article « Quel budget prévoir pour la prévoyance dirigeant en 2026 ? » détaille le calcul et les plafonds de déduction, et « Quelle est la meilleure prévoyance pour un dirigeant TNS en 2026 ? Les 8 critères qui comptent, profil par profil » compare les réglages. Le montant de la prime compte moins que trois lignes du contrat : la franchise, la définition de l’invalidité et les exclusions.

Les erreurs qui se répètent, et qui se découvrent au moment du sinistre, sont presque toujours des arbitrages faits à la souscription pour gagner quelques dizaines d’euros par mois, sans mesurer ce qu’ils retirent à la garantie. L’article « 9 mois d’arrêt maladie, 0 € d’indemnité : l’histoire qu’aucun courtier ne raconte » en illustre une version extrême. La liste ci-dessous reprend les plus fréquentes face à un arrêt de travail.

  • Une franchise trop longue : 90 jours pour baisser la prime exclut la plupart des arrêts courts et laisse trois mois de charges sans autre revenu que l’indemnité obligatoire de 65,84 € ou de 42,97 € par jour, sauf à disposer de trois mois de revenus en réserve.
  • Un revenu déclaré trop bas, ou jamais mis à jour : dans un contrat indemnitaire, l’assureur plafonne l’indemnité à la perte de revenu justifiée par vos dernières déclarations ; un revenu minimisé pour réduire les cotisations réduit la prestation, comme il réduit l’IJ de la Sécurité sociale.
  • Des exclusions ou des limitations sur le dos et le psychisme : couverture conditionnée à une hospitalisation ou à une intervention, durée plafonnée à 12 ou 24 mois, ou exclusion pure dans certains contrats d’entrée de gamme. Ce sont pourtant deux familles d’affections qui allongent fréquemment les arrêts.
  • L’oubli de déclarer l’arrêt dans les délais : 48 heures pour la CPAM, et le délai prévu au contrat pour l’assureur, qui réclame en général les décomptes de la Sécurité sociale ; une déclaration tardive peut retarder, réduire ou suspendre les prestations.
  • Croire qu’une prévoyance collective ou une assurance emprunteur suffit : le contrat collectif ne couvre le dirigeant que s’il l’inclut expressément, et l’assurance emprunteur ne paie que l’échéance du prêt, selon sa propre définition de l’incapacité.

Les démarches : déclarer l’arrêt dans les 48 heures et traverser les contrôles

La perte d’une indemnité se joue souvent sur un détail administratif. L’arrêt de travail est prescrit par un médecin ; depuis le 1er septembre 2026, un arrêt initial est en principe prescrit pour 31 jours au plus et chaque prolongation pour 62 jours au plus, sauf dérogation motivée du prescripteur (décret du 12 juin 2026). Vous disposez de 48 heures pour transmettre les volets 1 et 2 à votre CPAM, et ce délai vaut aussi pour chaque prolongation : les plafonds de prescription peuvent donc multiplier les transmissions. Si le médecin télétransmet l’arrêt, il n’y a rien à envoyer.

Le premier retard vaut avertissement. En cas de nouveau retard dans les vingt-quatre mois, l’Assurance maladie peut réduire l’indemnité de la période de retard, de moitié dans le régime général, sauf hospitalisation ou impossibilité justifiée ; un arrêt qui n’a jamais été transmis n’est pas indemnisé. Le président de SAS ajoute une étape : sa société, c’est-à-dire lui-même ou son expert-comptable, doit transmettre les données de salaire nécessaires au calcul de l’IJ, faute de quoi le paiement est retardé.

Pendant l’arrêt, la caisse peut contrôler à tout moment, y compris à domicile. Sauf mention contraire du médecin, les horaires de présence sont de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h. Refuser un contrôle ou une convocation, ne pas respecter ces horaires ou exercer une activité que le médecin n’a pas autorisée expose à une suspension des indemnités. Piloter l’entreprise comme à l’ordinaire pendant un arrêt total est donc un risque : si une reprise progressive est médicalement justifiée, c’est le temps partiel thérapeutique, qui divise l’IJ par deux, et non l’activité informelle.

  • Jour 0 : faire prescrire l’arrêt par un médecin et vérifier que la durée et le motif figurent sur le document.
  • Sous 48 heures : transmettre les volets 1 et 2 à la CPAM (sauf télétransmission), puis chaque prolongation dans le même délai.
  • Dans les jours qui suivent : déclarer le sinistre à l’assureur de prévoyance selon le délai du contrat, avec l’arrêt de travail et les décomptes d’IJ.
  • Dès le premier mois : demander à l’Urssaf de réévaluer les cotisations provisionnelles si le revenu va baisser, et prévenir la banque si des échéances doivent être décalées.
  • Pour un président de SAS : faire transmettre par la société les données de salaire nécessaires au calcul de l’IJ.
  • En fin d’arrêt : prévenir la CPAM dans les 24 heures en cas de reprise anticipée, ou demander au médecin un temps partiel thérapeutique pour une reprise progressive.

Quand le sujet est secondaire (et quand il ne l’est pas)

Il existe des situations où compléter les IJ n’est pas la priorité. Un dirigeant qui dispose d’une épargne mobilisable couvrant douze mois ou plus de dépenses personnelles et professionnelles, ou dont le foyer vit sans difficulté du revenu de son conjoint, peut raisonnablement s’auto-assurer sur les arrêts courts et moyens : un manque à gagner de 18 000 € sur six mois est alors un risque supportable, pas une menace. Le point d’attention devient la durée : au-delà d’un an, l’épargne s’épuise et la pension d’invalidité reste très inférieure au revenu antérieur.

Il en va de même lorsque l’activité continue réellement sans le dirigeant : équipe autonome qui peut facturer, associé qui prend le relais, holding de participations ou activité de location dont les loyers tombent seuls. Le risque principal n’est plus la perte de revenu temporaire mais l’invalidité longue et le décès ; la rente d’invalidité, le capital décès et, selon les cas, une assurance homme clé passent avant des IJ généreuses sur les premiers mois (voir « Assurance homme clé : combien ça coûte en 2026 (et comment calculer le bon capital) ? »).

Le sujet n’est pas non plus celui de tous les statuts : un salarié non dirigeant bénéficie du maintien de salaire de son employeur et, selon sa convention collective, d’une prévoyance ; un exploitant agricole relève de la MSA avec des règles propres (voir « Protection sociale de l’exploitant agricole en EARL/GAEC : ce que change la réforme 2026 »). Pour les autres dirigeants de TPE et de PME, dont le foyer et l’entreprise vivent du revenu du dirigeant, l’écart entre l’indemnité et le niveau de vie ne se comble pas tout seul, et mieux vaut le mesurer avant d’en avoir besoin.

Ce qu’il faut retenir

En 2026, un dirigeant en arrêt maladie touche au mieux 65,84 € par jour s’il est artisan, commerçant ou gérant majoritaire (environ 1 975 € par mois, après 3 jours de carence et pendant 360 jours sur 3 ans), 42,97 € par jour s’il est président de SAS, et jusqu’à 197,5 € par jour mais pendant 87 jours seulement s’il exerce une profession libérale réglementée. Ces plafonds rendent l’indemnité indifférente au revenu au-delà de 31 400 € de salaire en SAS et de 48 060 € de revenu en indépendant.

Le coût de l’inaction se chiffre : à 60 000 € de revenu, six mois d’arrêt laissent un manque à gagner personnel d’environ 18 100 € pour un gérant et de 22 000 € à 23 000 € pour un président de SAS ou un libéral réglementé, et près de 36 300 € sur un an pour un gérant. Ces sommes s’ajoutent aux charges de l’entreprise, aux cotisations et aux échéances d’emprunt qui continuent de courir, et qu’aucune indemnité de la Sécurité sociale ne finance.

La prochaine étape tient en trois chiffres : le revenu d’activité moyen que votre caisse a réellement retenu (donc votre IJ exacte), vos charges personnelles et professionnelles incompressibles sur six mois, et ce que votre épargne peut financer. EXP Capital propose un diagnostic gratuit en ligne et un appel découverte de 30 minutes pour situer ce risque parmi les autres risques de l’entreprise ; l’article « Pourquoi une majorité de dirigeants sont mal couverts en prévoyance » prolonge ce calcul par un diagnostic en cinq questions.

Questions fréquentes

Quel est le montant maximum des indemnités journalières d’un dirigeant TNS en 2026 ?
65,84 € bruts par jour pour un artisan, un commerçant, un gérant majoritaire ou un micro-entrepreneur, soit 1/730 du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 €). Ce maximum est atteint dès que le revenu d’activité annuel moyen des trois années précédentes atteint le PASS. Un libéral réglementé peut aller jusqu’à environ 197,5 € par jour, un président de SAS jusqu’à 42,97 €. Ces montants sont bruts, avant CSG et CRDS.
Pendant combien de temps un travailleur indépendant touche-t-il des IJ ?
360 indemnités journalières au maximum sur une période de 3 ans, pour un ou plusieurs arrêts, après 3 jours de carence. Pour une affection de longue durée, la durée peut atteindre 3 ans ; elle est ramenée à un an pour les affections non exonérantes lorsque l’arrêt est prescrit à compter du 15 octobre 2026. Une profession libérale réglementée n’est indemnisée que 87 jours par l’Assurance maladie. Au-delà, l’invalidité peut prendre le relais.
Un gérant payé surtout en dividendes a-t-il droit à des IJ ?
Oui, mais sur une base réduite : seul compte le revenu retenu pour les cotisations. Les dividendes inférieurs à 10 % du capital social, des primes d’émission et des comptes courants n’étant pas soumis à cotisations, ils ne comptent pas pour l’IJ. Un président de SAS payé uniquement en dividendes n’a aucun droit, faute de salaire cotisé. Un plancher d’environ 26 € par jour existe pour les indépendants qui paient la cotisation minimale.
Le président de SAS a-t-il un maintien de salaire pendant un arrêt maladie ?
En principe non. Le maintien de salaire légal ou conventionnel découle du contrat de travail, que le mandataire social n’a pas. Il perçoit les seules IJ du régime général, plafonnées à 42,97 € par jour pour un arrêt à compter du 1er juillet 2026 (1,4 SMIC, contre 1,8 avant le 1er avril 2025). Les associés peuvent décider de maintenir sa rémunération aux frais de la société, ou une prévoyance peut compléter.
Un micro-entrepreneur a-t-il droit aux indemnités journalières ?
Oui, après 12 mois d’affiliation, sur la base de son chiffre d’affaires diminué de l’abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 %). Si ce revenu retenu est inférieur à 4 582 € de moyenne sur trois ans pour un arrêt débutant en 2026, l’indemnité est nulle. À 30 000 € de chiffre d’affaires en prestations de services, elle atteint 20,55 € par jour, avec le même plafond de 65,84 € que les autres indépendants.
Dans quel délai faut-il envoyer son arrêt de travail à la CPAM ?
48 heures à compter de l’interruption du travail, pour l’arrêt initial comme pour chaque prolongation. Le premier retard donne lieu à un avertissement ; en cas de nouveau retard dans les 24 mois, l’indemnité de la période concernée peut être réduite, de moitié dans le régime général, sauf hospitalisation ou impossibilité justifiée. Si le médecin télétransmet l’arrêt, vous n’avez rien à envoyer.
Les cotisations sociales sont-elles suspendues pendant l’arrêt maladie ?
Non. Les cotisations d’un indépendant sont appelées sur la base du dernier revenu connu, puis régularisées après la déclaration des revenus de l’année. Vous pouvez demander à l’Urssaf de réévaluer vos acomptes à partir d’une estimation de revenus plus basse, mais les cotisations minimales restent dues. Les IJ sont elles-mêmes soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %) et, sauf exception, imposables.
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Publié le 12 octobre 2026 · Mis à jour le 12 octobre 2026 · ChefEntreprise