Titres-restaurant, chèques-cadeaux, CESU préfinancé : combien ça coûte vraiment et qu’est-ce qui est exonéré de charges en 2026 ?
En 2026, la part employeur d’un titre-restaurant (50 à 60 % de sa valeur) est exonérée jusqu’à 7,32 € par titre : pour un titre de 12 € sur 220 jours, comptez 1 584 € par salarié et par an, avant frais d’émetteur. Les bons d’achat sont exonérés jusqu’à 200 € par salarié et par année civile, les chèques-vacances jusqu’à 560 € (moins de 50 salariés, sans CSE), le CESU préfinancé jusqu’à 2 591 €. Pour 10 salariés, un euro de valeur coûte à peu près 1 € à l’employeur, contre 1,85 à 2,6 € en augmentation de salaire, si les conditions de forme sont respectées.
Quatre avantages, quatre régimes : ce qui est exonéré en 2026
Quatre avantages reviennent dans presque toutes les TPE : les titres-restaurant, les chèques-cadeaux et bons d’achat, les chèques-vacances et le CESU préfinancé. Ils se ressemblent par le résultat, un euro financé par l’entreprise qui arrive sans cotisations dans la poche du salarié, et se distinguent par la règle qui le permet. Chacun a son plafond, son public et ses conditions. Les confondre est la première source d’erreur : un seuil valable pour l’un n’autorise rien pour l’autre.
Le mot « exonéré » mérite aussi de la précision. Les titres-restaurant, dans leurs limites, échappent aux cotisations, à la CSG-CRDS et à l’impôt sur le revenu du salarié. Les bons d’achat relèvent d’une tolérance qui porte sur les cotisations et contributions de Sécurité sociale, dont la doctrine fiscale reprend le seuil pour l’impôt. Les chèques-vacances restent soumis à la CSG-CRDS et au versement mobilité. Le CESU préfinancé échappe aux cotisations et à la CSG-CRDS dans son plafond. Tous les montants de cet article sont ceux de 2026.
Côté entreprise, aucune cotisation de Sécurité sociale n’est due sur ces avantages dans leurs limites ; seul le versement mobilité reste dû sur les chèques-vacances. Le vrai coût n’est donc pas la cotisation évitée, mais trois postes : le montant que vous décidez de financer, les frais de l’émetteur qui livre les titres ou les cartes, et le risque de requalification si une condition de forme n’est pas respectée. Le tableau ci-dessous fixe les ordres de grandeur ; les sections suivantes détaillent chaque dispositif, puis comparent leur coût pour 10 salariés.
Les plafonds et conditions 2026 en un coup d’œil (source : Urssaf, ANCV, service-public.fr)
| Avantage | Plafond d’exonération 2026 | Entreprises concernées | Ce qui reste dû | Condition qui fait tout basculer |
|---|---|---|---|---|
| Titres-restaurant | Part employeur de 50 à 60 % du titre, dans la limite de 7,32 € par titre (valeur faciale de 12,20 € à 14,64 €) | Toutes | Rien dans les limites ; fraction au-delà de 7,32 € réintégrée | Un titre par repas compris dans l’horaire de travail ; part employeur entre 50 et 60 % |
| Bons d’achat et chèques-cadeaux | 200 € par salarié et par année civile (5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale) ; au-delà, 200 € par événement | Employeur sans CSE, ou CSE n’ayant pas la gestion des activités sociales ; CSE sinon | Rien dans le seuil ; au-delà, le montant entier est soumis | Événement listé, utilisation déterminée, montant conforme aux usages |
| Chèques-vacances ANCV | 560 € par salarié et par an (30 % du SMIC) ; employeur à 80 % ou 50 % du chèque selon le salaire | Moins de 50 salariés, sans CSE gérant les activités sociales | CSG-CRDS et versement mobilité ; pas de forfait social | Accord ou proposition à tout le personnel, plus d’aide pour les bas salaires, non-substitution au salaire |
| CESU préfinancé | 2 591 € par bénéficiaire et par an | Employeur ou CSE | Rien dans la limite (cotisations et CSG-CRDS) ; excédent soumis | Services à la personne ou garde d’enfants, dans la limite des coûts supportés |
Titres-restaurant : la part de 50 à 60 %, le plafond de 7,32 € et les règles d’attribution
Rien n’oblige un employeur à remettre des titres-restaurant : il peut préférer une cantine, une prime de repas ou rien. S’il en remet, il fixe librement la valeur et le nombre de titres, mais sa part doit représenter 50 à 60 % de la valeur, le salarié finançant le reste. Pour que cette part échappe aux cotisations, elle ne doit pas dépasser 7,32 € par titre en 2026, contre 7,26 € en 2025, 7,18 € en 2024 et 6,91 € en 2023. Le titre qui ouvre droit à l’exonération maximale vaut donc de 12,20 € (à 60 %) à 14,64 € (à 50 %). Au-delà de 7,32 €, la fraction excédentaire est réintégrée dans l’assiette ; le reste demeure exonéré.
Le principe d’attribution tient dans l’article R3262-7 du code du travail : un salarié ne peut recevoir qu’un titre par repas compris dans son horaire de travail journalier, et il est le seul à pouvoir l’utiliser. Un titre par jour travaillé avec un repas dans l’horaire, aucun pour un jour d’absence, aucun pour une demi-journée qui ne couvre pas la pause repas. Selon service-public.fr, le dispositif s’applique aux CDI et CDD, à temps plein ou partiel, aux intérimaires, aux apprentis, aux stagiaires et aux télétravailleurs. Le salarié n’est pas obligé de les accepter, sauf accord collectif contraire.
Le télétravail a longtemps fait débat. L’Urssaf est claire : un salarié en télétravail qui fait une journée avec une pause méridienne réservée au repas a droit à son titre, comme celui qui travaille dans vos locaux. La chambre sociale de la Cour de cassation a jugé dans le même sens le 8 octobre 2025 (n° 24-12.373) : l’employeur ne peut refuser les titres-restaurant au seul motif que le salarié télétravaille. Si vous les réservez aujourd’hui à ceux qui viennent au bureau, la règle est à revoir, avec un risque de réclamations pour les périodes passées.
L’usage est encadré : 25 € par jour au maximum, dans le département du lieu de travail et les départements limitrophes, pendant l’année d’émission et en janvier et février suivants. Jusqu’au 31 décembre 2026, les titres paient aussi tout produit alimentaire, même non directement consommable (loi du 21 janvier 2025). Une proposition de loi adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 12 octobre 2026 prolongerait cette dérogation jusqu’au 31 décembre 2027, autoriserait l’usage le dimanche et les jours fériés et rendrait le titre entièrement dématérialisé à compter de 2028. Elle doit encore passer devant le Sénat : rien n’est acquis.
Titres-restaurant : le coût complet pour 10 salariés, et ce que l’émetteur facture en plus
Le circuit financier surprend les petites entreprises. L’émetteur cède les titres à l’employeur contre le paiement de leur valeur libératoire et, le cas échéant, d’une commission (article L3262-1 du code du travail). La commande se règle au plus tard à la livraison, pour la totalité de la valeur, et vous récupérez ensuite la part du salarié par retenue sur sa paie. Pour 10 salariés qui reçoivent un titre de 12 € sur 220 jours, vous avancez 26 400 € de valeur faciale sur l’année, soit 2 200 € par mois, dont 40 % reviennent par la paie.
Le coût réel est la part que vous financez, multipliée par le nombre de titres. Le tableau ci-dessous retient 220 titres par salarié, une hypothèse à ajuster à vos jours réellement travaillés après congés, jours fériés et absences. Il montre aussi l’effet du plafond : un titre de 15 € financé à 60 % représente 9 € de part employeur, dont 1,68 € au-dessus de 7,32 €. Sur 220 jours, 369,60 € par salarié, soit 3 696 € pour 10, repassent dans l’assiette des cotisations, avec leurs charges.
Reste ce que l’émetteur facture en plus. Il n’existe pas de tarif unique : frais de gestion ou commission sur la commande, frais de carte, de rechargement ou de livraison varient selon l’émetteur et le volume. Dans son avis de 2023, l’Autorité de la concurrence relevait que les commissions payées par les employeurs à l’émission baissaient, jusqu’à devenir négatives chez certains émetteurs, tandis que celles payées par les restaurateurs approchaient 4 % des titres encaissés. Ce que vous gagnez sur votre facture, un autre le paie. La proposition de loi de 2026 interdirait ces remises à compter de 2028. Demandez un coût complet par écrit, avec toutes les lignes, avant de comparer deux offres.
Titres-restaurant 2026 : coût employeur sur 220 titres par salarié, avant frais d’émetteur (hypothèse de calcul)
| Valeur faciale | Part employeur | Part employeur par titre | Coût par salarié et par an | Coût pour 10 salariés | Payé par le salarié | Sous la limite de 7,32 € ? |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 10,00 € | 60 % | 6,00 € | 1 320 € | 13 200 € | 880 € | Oui |
| 12,00 € | 60 % | 7,20 € | 1 584 € | 15 840 € | 1 056 € | Oui |
| 14,64 € | 50 % | 7,32 € | 1 610,40 € | 16 104 € | 1 610,40 € | Oui, au maximum |
| 15,00 € | 60 % | 9,00 € | 1 980 € | 19 800 € | 1 320 € | Non : 1,68 € par titre réintégrés |
Chèques-cadeaux et bons d’achat : 200 € en 2026, mais jamais n’importe comment
Pour les cadeaux et bons d’achat, aucun texte de loi : c’est une tolérance ministérielle que l’Urssaf applique. Lorsque le montant global des bons d’achat et cadeaux attribués à un salarié au cours d’une année civile n’excède pas 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 200 € en 2026 (200,25 € avec un plafond de 4 005 €), il est exonéré de cotisations et de contributions sociales. Le seuil s’apprécie salarié par salarié, y compris pour deux conjoints qui travaillent dans la même entreprise, et additionne bons et cadeaux en nature remis pour le même événement.
Si le total annuel dépasse 200 €, tout n’est pas perdu, mais chaque bon doit réunir trois conditions : un événement qui concerne le salarié, une utilisation déterminée en lien avec cet événement, et un montant conforme aux usages, c’est-à-dire d’au plus 5 % du plafond mensuel par événement et par année civile. Le seuil s’applique par enfant pour la rentrée scolaire, par enfant et pour le salarié à Noël. Le bon doit nommer la nature du bien, des rayons ou des enseignes ; la mention « tout rayon sauf alimentation et carburant » est admise hors rentrée scolaire.
Attention : ce seuil n’est pas une franchise. L’Urssaf le dit expressément : s’il est dépassé, c’est l’intégralité du montant qui est soumise à cotisations et contributions, pas seulement la fraction qui dépasse. Son exemple : 50 € pour un mariage, 80 € pour une naissance et 90 € pour la rentrée font 220 €, au-dessus de 200 € ; chaque bon est alors contrôlé, et les trois restent exonérés parce que chacun respecte les conditions. Un bon unique de 250 € offert à Noël serait en revanche soumis en totalité.
Côté impôt sur le revenu, le BOFiP applique la même logique : les cadeaux de valeur modique, en nature ou sous forme de chèques-cadeaux ou de bons d’achat, restent hors du champ de l’impôt dans la limite de 5 % du plafond mensuel par événement et par année civile, par enfant à Noël. Un cadeau lié à l’ancienneté ou à la qualité du travail demeure une prime. Les chèques-culture, échangeables exclusivement contre des biens ou services culturels, échappent à ce plafond : l’Urssaf les exonère sans condition de montant, de même que la billetterie de spectacles ou les réductions pour la pratique sportive, y compris lorsque c’est un employeur de moins de 50 salariés qui les accorde.
- Naissance ou adoption.
- Mariage ou Pacs.
- Départ à la retraite.
- Fête des mères, fête des pères.
- Sainte-Catherine pour les femmes célibataires qui fêtent leurs 25 ans, Saint-Nicolas pour les hommes célibataires qui fêtent leurs 30 ans.
- Noël, pour les salariés et pour les enfants jusqu’à 16 ans révolus dans l’année.
- Rentrée scolaire, pour les salariés ayant des enfants de moins de 26 ans, sur justificatif de scolarité.
Chèques-vacances ANCV et CESU préfinancé : plus généreux, plus encadrés
Les chèques-vacances de l’ANCV sont l’outil le plus avantageux, et le plus restreint. L’exonération vise les entreprises de moins de 50 salariés dépourvues de CSE gérant les activités sociales et culturelles. L’employeur finance au plus 80 % du chèque si la rémunération moyenne des trois derniers mois est inférieure au plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 €), 50 % au-delà, avec 5 points de plus par enfant à charge dans la limite de 15 points. L’avantage exonéré est limité à 30 % du SMIC mensuel, soit 560 € par salarié et par an depuis la revalorisation du 1er juin 2026, contre 547 € sur la base du SMIC de janvier.
Restent dus la CSG-CRDS et le versement mobilité ; le forfait social n’est pas dû dans ces entreprises. Pour le salarié, la contribution est non imposable jusqu’à un SMIC mensuel par an. Le coût d’émission est public : 89 € de frais d’ouverture de compte pour 1 à 19 salariés (140 € de 20 à 49) à la première commande, puis une commission de 1 % du montant des chèques à chaque commande. La contribution annuelle globale ne peut pas dépasser la moitié du SMIC mensuel multiplié par l’effectif : 9 115 € pour 10 salariés sur la base du SMIC de janvier 2026.
Les conditions de forme font la différence. La contribution doit être plus élevée pour les rémunérations les plus faibles, ne pas se substituer à un élément de salaire (12 mois au moins entre la suppression d’un élément et l’attribution), et résulter d’un accord de branche, interentreprises ou d’entreprise avec un délégué syndical ou, à défaut, d’une proposition de l’employeur soumise à l’ensemble des salariés. Un dépassement de plafond ne réintègre que la fraction excédentaire, sauf mauvaise foi ; le non-respect d’une autre condition réintègre la contribution dès le premier euro. Le dirigeant non salarié d’une entreprise de moins de 50 salariés peut aussi en acquérir, dans la même limite de 560 €.
Le CESU préfinancé permet de payer des services à la personne (tâches ménagères ou familiales, assistance aux personnes âgées ou handicapées) et la garde d’enfants de moins de 6 ans hors du domicile (assistant maternel, crèche, halte-garderie, accueil de loisirs). L’aide de l’employeur ou du CSE est exonérée de cotisations et de CSG-CRDS jusqu’à 2 591 € par bénéficiaire et par an en 2026 (2 540 € en 2025), dans la limite des coûts réellement supportés, et n’est pas imposable pour le salarié. Un crédit d’impôt famille de 25 % des dépenses existe pour l’employeur : à valider avec votre expert-comptable.
Le comparatif chiffré pour 10 salariés : coût employeur, valeur reçue, augmentation équivalente
Pour comparer, il faut fixer des hypothèses. Nous retenons une entreprise de 10 salariés rémunérés sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale, sans CSE, 220 jours travaillés et un scénario par dispositif : titre de 12 € financé à 60 %, un chèque-cadeau de 200 € à Noël, 700 € de chèques-vacances dont 560 € financés, 1 000 € de CESU préfinancé. Pour l’augmentation équivalente, nous reprenons l’ordre de grandeur de notre comparatif : 1 € net conservé par un salarié coûte de 1,85 à 2,6 € à l’employeur, selon sa tranche d’imposition.
Lecture du tableau ci-dessous. Les quatre avantages cumulés représentent environ 33 600 € de dépense pour 10 salariés, soit 3 360 € par salarié, pour 3 344 € de valeur reçue. La même valeur versée en augmentation coûterait de 61 900 € à 86 900 €. L’écart, de 28 300 € à 53 300 € par an, est l’avantage de ces dispositifs quand ils sont bien montés, avant frais d’émetteur et avant crédit d’impôt. Il disparaît si l’Urssaf requalifie en salaire.
Trois nuances s’imposent. Une valeur reçue n’est pas du cash : un titre-restaurant ne règle que des repas, un chèque-vacances que des loisirs, et le salarié ne les valorise pas toujours à 100 %. Aucun de ces avantages ne crée de droits à la retraite, au chômage ou aux indemnités journalières, que seul un salaire construit. Enfin, la prime de partage de la valeur est un concurrent sérieux : sous 50 salariés et sous 3 SMIC, versée avant le 31 décembre 2026, elle coûte 1 € pour 1 € net, mais son régime est temporaire, comme le détaille « Prime de partage de la valeur, intéressement ou augmentation : quel est le moyen le moins cher de donner 1 000 € nets à un salarié en 2026 ? ».
Quatre avantages pour 10 salariés en 2026 : coût employeur, valeur reçue et coût de la même valeur en augmentation (ordres de grandeur, avant frais d’émetteur)
| Avantage (scénario) | Coût employeur, 10 salariés | Valeur reçue par salarié | Même valeur en augmentation, 10 salariés | Ce qui s’y ajoute |
|---|---|---|---|---|
| Titres-restaurant (12 € à 60 %, 220 jours) | 15 840 € | 1 584 € | 29 304 € à 41 184 € | Frais d’émetteur ; avance de trésorerie de 2 200 € par mois |
| Chèques-cadeaux (200 € à Noël) | 2 000 € | 200 € | 3 700 € à 5 200 € | Frais de commande et de livraison éventuels |
| Chèques-vacances (700 € dont 560 € employeur) | 5 759 € la première année (5 600 € + 70 € + 89 €) | 560 € (700 € de chèques pour 140 € payés) | 10 360 € à 14 560 € | 1 % de commission ANCV à chaque commande |
| CESU préfinancé (1 000 € par salarié) | 10 000 € (7 500 € après crédit d’impôt famille de 25 %) | 1 000 € | 18 500 € à 26 000 € | Frais éventuels de l’émetteur |
| Total des quatre | 33 599 € | 3 344 € | 61 864 € à 86 944 € | Écart de 28 300 € à 53 300 € par an |
CSE, formalisme et pièges : ce qui fait basculer l’exonération
Quand l’entreprise a un CSE, la question de qui distribue change tout. Pour les bons d’achat et cadeaux, l’Urssaf applique la tolérance au CSE, et à l’employeur seulement s’il n’y a pas de CSE faute d’effectif (moins de 11 salariés), si le CSE ne gère pas les activités sociales et culturelles (moins de 50 salariés) ou en cas de procès-verbal de carence. Pour les titres-restaurant, l’employeur ou le CSE peut les remettre ; si les deux participent, il faut faire masse des participations pour vérifier la fourchette de 50 à 60 % et le plafond. Pour les chèques-vacances, un CSE qui participe avec l’employeur rend les cotisations dues.
Une règle s’impose à tout ce qui relève des activités sociales : aucune discrimination entre les salariés selon le contrat de travail (CDI ou CDD), la catégorie professionnelle, le temps de travail ou la présence effective. Le montant peut en revanche varier selon des critères sociaux objectifs, comme le quotient familial. Une condition d’ancienneté, longtemps tolérée jusqu’à six mois, n’est plus admise depuis un arrêt de la Cour de cassation ; l’Urssaf a repoussé la mise en conformité au 31 décembre 2026.
Côté formalisme, la loi n’exige pas d’accord pour des titres-restaurant ou des bons d’achat : une décision écrite de l’employeur suffit. Mais un avantage donné de façon constante, générale et fixe devient un usage d’entreprise : vous ne pouvez plus le retirer du jour au lendemain, il faut le dénoncer en informant les salariés et leurs représentants avec un délai de prévenance raisonnable. Notre article « DUE mutuelle et prévoyance : les 9 erreurs qui font perdre l’exonération URSSAF (et comment les corriger) » décrit la même mécanique pour les garanties santé. En cas de doute, le rescrit social permet d’obtenir la position écrite de l’Urssaf.
- Sortir de la fourchette de 50 à 60 % pour les titres-restaurant, ou dépasser 7,32 € : la condition posée par l’Urssaf n’est plus remplie, ou la fraction excédentaire est réintégrée.
- Offrir un bon de 201 € : le seuil n’est pas une franchise, le montant entier est soumis à cotisations et contributions.
- Remettre de l’argent en espèces ou un bon sans nature de bien ni rayon déterminé : l’utilisation n’est pas déterminée, la condition tombe.
- Remplacer une prime ou une augmentation par un avantage : la non-substitution s’applique, avec 12 mois au moins pour les chèques-vacances.
- Réserver l’avantage aux CDI, aux cadres ou aux seuls présents : c’est une discrimination qui remet en cause le régime de faveur.
- Verser des titres pour des jours d’absence ou en plus d’un remboursement de repas : un seul titre par repas compris dans l’horaire.
- Dépasser le plafond global des chèques-vacances (effectif × SMIC ÷ 2) ou la limite de 30 % du SMIC par salarié.
Quand ne rien mettre en place, quand une prime suffit, et la méthode en cinq étapes
Ces dispositifs ne conviennent pas à tout le monde. Dans une entreprise de un à trois salariés, sans paie outillée, la gestion d’une carte ou d’un chéquier, le suivi des jours travaillés, des plafonds et des justificatifs prend plus de temps que l’économie ne rapporte. Une prime ponctuelle, bien documentée, est alors plus simple. Il en va de même si vos salariés préfèrent clairement de l’argent : un avantage fléché que personne n’utilise ne fidélise personne.
La prime de partage de la valeur est la réponse la plus simple d’une petite entreprise qui a fait une bonne année : un seul versement, sans émetteur ni carte, exonéré sous 50 salariés et sous 3 SMIC jusqu’au 31 décembre 2026, dans la limite de 3 000 € (6 000 € avec un accord d’intéressement). Elle ne peut pas remplacer un salaire : le principe de non-substitution s’applique. Pour un geste récurrent, les titres-restaurant ou les chèques-vacances s’inscrivent mieux dans la durée.
Ne rien mettre en place est parfois la bonne décision : trésorerie fragile, car l’avance de la valeur faciale des titres pèse chaque mois ; effectif proche de 50 salariés, où les chèques-vacances perdent leur exonération directe ; équipe presque toujours en déplacement, où le remboursement des frais de repas prend le relais des titres ; ou besoin réel de fidélisation, mieux servi par une augmentation qui crée des droits, ou par l’épargne salariale, détaillée dans « Combien coûte la mise en place d’un PEE ou d’un PERECOL en 2026 ? ».
- Fixer l’objectif en une phrase : fidéliser, remercier, compenser une dépense (repas, vacances, garde d’enfants) ou simplifier la paie.
- Chiffrer avec vos données : effectif, jours réellement travaillés, salaires rapportés au plafond mensuel de la Sécurité sociale, présence ou non d’un CSE.
- Demander à deux émetteurs un coût complet par écrit : commission, frais de carte, de rechargement et de livraison.
- Formaliser : décision écrite ou accord, règles d’attribution, information individuelle des salariés, consultation du CSE s’il existe.
- Contrôler chaque année : plafonds revalorisés au 1er janvier, effectif, jours d’absence, titres non utilisés, état de la dépense réelle.
Ce qu’il faut retenir avant de choisir
En 2026, pour une entreprise de 10 salariés, le titre-restaurant est l’avantage le plus lourd (15 840 € pour un titre de 12 € à 60 %), les chèques-cadeaux le plus léger (2 000 € pour 200 € par salarié), les chèques-vacances et le CESU préfinancé les plus généreux mais les plus encadrés (560 € et 2 591 € par salarié). Dans leurs limites, chaque euro de valeur coûte à peu près un euro à l’employeur, contre 1,85 à 2,6 € en augmentation.
Le coût de ne pas faire le calcul est chiffrable : donner par augmentation les 1 584 € de valeur d’un titre de 12 € à 10 salariés coûte de 29 300 € à 41 200 €, soit de 13 500 € à 25 300 € de plus par an que les 15 840 € des titres. Et le risque inverse existe : un bon de 201 € ou un chèque-vacances sans accord peut être soumis en totalité à cotisations et à CSG-CRDS, avec majorations de retard.
La prochaine étape tient en une feuille : listez ce que vous donnez déjà, comparez-le aux plafonds du premier tableau, demandez à l’émetteur son coût complet par écrit et faites valider le montage par votre expert-comptable. Si vous souhaitez un regard extérieur sur l’articulation entre rémunération, épargne salariale et protection sociale, le diagnostic gratuit en ligne et l’appel découverte de 30 minutes d’EXP Capital existent, parmi d’autres options. Pour situer ces avantages dans le coût global d’un poste, lisez « Combien coûte vraiment un salarié à l’employeur en 2026 ? ».
Questions fréquentes
- Quel est le plafond d’exonération des titres-restaurant en 2026 ?
- La part employeur est exonérée jusqu’à 7,32 € par titre en 2026 (7,26 € en 2025), à condition de représenter 50 à 60 % de la valeur du titre. Le titre qui ouvre droit à l’exonération maximale vaut de 12,20 € à 14,64 €. Au-delà de 7,32 €, la fraction excédentaire est réintégrée dans l’assiette des cotisations.
- Combien coûte un titre-restaurant à l’employeur ?
- Entre 50 et 60 % de sa valeur, plus les frais éventuels de l’émetteur. Un titre de 12 € financé à 60 % coûte 7,20 €, soit 1 584 € par salarié sur 220 jours. L’employeur règle la totalité de la valeur à la livraison et récupère la part du salarié par retenue sur sa paie.
- Peut-on offrir plus de 200 € de chèques-cadeaux par an à un salarié ?
- Oui, si chaque bon est lié à un événement reconnu par l’Urssaf, a une utilisation déterminée et ne dépasse pas 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale par événement, soit 200 € en 2026. Un bon qui dépasse ce seuil est soumis en totalité, et non pour la seule fraction qui dépasse, à cotisations et contributions.
- Une entreprise de 20 salariés avec un CSE peut-elle financer des chèques-vacances ?
- Pour l’Urssaf, l’exonération vise les entreprises de moins de 50 salariés dépourvues de CSE gérant les activités sociales et culturelles ; l’ANCV parle d’entreprises sans CSE. Si un CSE existe, faites confirmer par écrit votre situation. Si le CSE participe avec l’employeur, les cotisations sont dues.
- Le CESU préfinancé est-il imposable pour le salarié ?
- Non, dans la limite de 2 591 € par bénéficiaire et par an en 2026, et dans celle des coûts réellement supportés. L’aide est aussi exonérée de cotisations et de CSG-CRDS. L’employeur remet une attestation précisant son caractère non imposable avant le 1er février. Au-delà du plafond, seul l’excédent est soumis.
- Les salariés en télétravail ont-ils droit aux titres-restaurant ?
- Oui, dès lors que leur journée comporte une pause repas comprise dans l’horaire de travail. L’Urssaf l’admet et la Cour de cassation a jugé le 8 octobre 2025 qu’un employeur ne peut refuser les titres au seul motif du télétravail. Les conditions doivent être les mêmes que sur site.
- Que devient un titre-restaurant non utilisé quand le salarié part ?
- Le salarié qui quitte l’entreprise avec des titres non utilisés les remet à l’employeur, qui lui rembourse sa participation à l’achat. Les titres sont utilisables pendant l’année civile d’émission et en janvier et février suivants ; ceux de l’année en cours ne s’utilisent qu’après ceux de l’année précédente.
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