Vos extras et CDD courts refusent la mutuelle : versement santé, dispenses, que devez-vous faire exactement ?
Le refus d’un extra ne suffit pas : sans cas de dispense prévu par les textes ou par votre acte, et sans demande écrite, il reste à affilier, sous peine de perdre l’exonération sur toutes vos contributions. Un CDD dont la couverture serait inférieure à trois mois peut se dispenser de plein droit s’il justifie d’un contrat individuel responsable, et reçoit alors le versement santé : un montant de référence d’au moins 22,27 € par mois en 2026 pour un temps plein, proratisé aux heures, puis majoré de 25 %. Les autres dispenses (CDD de moins de 12 mois, temps partiel à 10 %) doivent figurer dans votre DUE ou votre accord.
Le principe : un refus oral ne dispense de rien
La mutuelle d’entreprise est obligatoire depuis le 1er janvier 2016, en application de la loi du 14 juin 2013, pour tous les salariés couverts par l’acte qui l’institue (accord collectif, référendum ou décision unilatérale), et l’employeur en finance au moins la moitié (article L. 911-7). Cette obligation porte sur l’affiliation, pas sur le consentement du salarié. Un extra qui répond « merci, j’ai déjà une mutuelle » ne produit aucun effet juridique tant que sa situation n’entre pas dans un cas de dispense et qu’il ne l’a pas demandé par écrit. L’inverse est vrai aussi : les dispenses se font au choix du salarié (article R. 242-1-6), et vous ne pouvez pas décider seul de ne pas affilier les contrats courts parce qu’ils sont courts.
L’enjeu n’est pas la mutuelle de l’extra, c’est votre exonération. Pour que vos contributions soient exclues de l’assiette des cotisations, dans la limite de 6 % du plafond de la Sécurité sociale (2 884 € en 2026) majorés de 1,5 % du salaire brut, sans dépasser 12 % du plafond, le régime doit être collectif et obligatoire (article L. 242-1). Un salarié laissé hors du régime sans dispense valable fait tomber le caractère obligatoire, et avec lui l’exonération. Ces contributions supportent en outre la CSG-CRDS et, à partir de 11 salariés, un forfait social de 8 %, qui s’applique aussi au versement santé.
Face à un extra qui refuse, trois réponses sont donc possibles : l’affilier ; le dispenser sur un fondement prévu par les textes et par votre acte ; ou, pour les contrats très courts, lui verser le versement santé à la place de la couverture. Chacune a un coût et un formalisme différents. Le quatrième choix, ne rien faire et laisser le salarié sans affiliation ni écrit, est celui qui coûte le plus cher en cas de contrôle. La suite décrit chaque réponse, chiffre un exemple de restaurant et donne la procédure.
Les cas de dispense : ceux qui s’imposent à vous, ceux que votre acte doit avoir écrits
Les textes distinguent deux familles. Les dispenses de plein droit, dites d’ordre public, que le salarié peut invoquer même si votre acte n’en parle pas (articles L. 911-7 et D. 911-2) : vous ne pouvez pas les refuser. Les dispenses facultatives de l’article R. 242-1-6, qui n’existent que si la décision unilatérale ou l’accord les a expressément prévues : une fois prévues, vous êtes tenu de les accepter. Dans les deux familles, la demande doit être écrite et vous devez pouvoir la produire en cas de contrôle.
Deux points surprennent souvent. D’abord, l’extra couvert par la mutuelle de ses parents ou de son conjoint, en tant qu’ayant droit d’un régime collectif et obligatoire, peut se dispenser de plein droit ; la Cour de cassation a jugé en 2023 que cela vaut même quand l’extension aux ayants droit n’est que facultative dans ce régime, et il doit le justifier chaque année. Ensuite, la dispense des CDD de moins de douze mois est facultative : elle ne joue que si votre acte l’a écrite, ce qui se vérifie en trois minutes dans votre DUE ou votre accord.
Une précision sur les mots : « CDD de moins de trois mois » désigne la durée de la couverture collective dont le salarié bénéficierait, appréciée à compter de la prise d’effet du contrat et sans compter la portabilité (article L. 911-7). L’Urssaf précise qu’il est tenu compte d’un éventuel renouvellement : un extra reconduit au-delà de trois mois sort de la dispense et doit alors être affilié, sauf autre cas. L’extra de l’hôtellerie-restauration est un CDD d’usage, expressément autorisé dans ce secteur (article D. 1242-1) : il suit les mêmes règles qu’un autre CDD, sous réserve de la convention collective (voir « Prévoyance et mutuelle en restauration : ce que la convention HCR impose vraiment »).
Les cas de dispense d’affiliation à la mutuelle d’entreprise en 2026
| Cas | Famille | Condition et justificatif | Fin de la dispense | Versement santé ? |
|---|---|---|---|---|
| CDD ou contrat de mission dont la couverture collective serait inférieure à 3 mois | De plein droit (L. 911-7, D. 911-6) | Contrat individuel responsable, attestation ; demande à l’embauche | Terme du contrat, ou renouvellement portant la couverture à 3 mois ou plus | Oui, de droit (L. 911-7-1, IV) |
| Bénéficiaire de la complémentaire santé solidaire (C2S) | De plein droit (D. 911-2) | Attestation de droits | Fin des droits | Non, cumul impossible |
| Salarié couvert par un contrat individuel à l’embauche ou à la mise en place du régime | De plein droit (D. 911-2) | Attestation de l’assureur | Échéance du contrat individuel | Non, sauf si votre acte a retenu le versement santé pour les contrats de 3 mois au plus |
| Couvert par ailleurs, y compris comme ayant droit, par un autre emploi (régime collectif obligatoire, fonction publique, Madelin de groupe, Alsace-Moselle, IEG) | De plein droit (D. 911-2) | Justificatif de la couverture, à demander chaque année (R. 242-1-6, f) | Fin de l’autre couverture | Non, cumul impossible |
| CDD ou contrat de mission de moins de 12 mois (apprentis compris) | Facultative (R. 242-1-6, b) | Demande écrite ; aucune couverture individuelle exigée | Terme du contrat | Non |
| CDD ou contrat de mission d’au moins 12 mois (apprentis compris) | Facultative (R. 242-1-6, a) | Demande écrite et justificatif d’une couverture individuelle | Terme du contrat ou de la couverture | Non |
| Temps partiel ou apprenti dont la cotisation serait au moins égale à 10 % du brut | Facultative (R. 242-1-6, c) | Demande écrite ; part salariale rapportée au brut du salarié | Tant que la part reste au moins égale à 10 % | Non |
Le versement santé : qui y a droit, qui peut l’instaurer, ce qu’il remplace
Le versement santé (article L. 911-7-1) est une somme que vous versez à la place de l’affiliation, pour que le salarié finance sa propre complémentaire. Il suppose que le salarié justifie d’un contrat individuel responsable, par une attestation de son organisme, et il ne se cumule ni avec la complémentaire santé solidaire, ni avec une couverture collective obligatoire, y compris comme ayant droit. Il vise deux situations : les CDD et contrats de mission dont la couverture serait inférieure à trois mois et qui ont fait valoir la dispense de plein droit ; les salariés dont le contrat dure trois mois au plus, ou dont la durée du travail est de 15 heures par semaine au plus, lorsque l’entreprise a choisi cette voie (article D. 911-7).
Dans le premier cas, le versement n’est pas une option : l’article L. 911-7-1 reconnaît le droit au versement aux salariés qui ont fait valoir cette dispense. Dans le second, c’est une faculté ouverte par l’accord de branche, par un accord d’entreprise ou par décision unilatérale de l’employeur, sauf pour les salariés déjà couverts à titre collectif et obligatoire. Autrement dit, si vos extras sont déjà affiliés à titre obligatoire, la DUE ne suffit plus pour les faire basculer sur le versement santé : il faut un accord de branche ou d’entreprise.
Le versement santé a un avantage et une limite. L’avantage : vous ne payez qu’une somme proportionnelle aux heures du mois, là où la cotisation d’affiliation est en principe forfaitaire par mois, quel que soit le nombre de services effectués (à vérifier dans la notice de votre contrat). La limite : il suppose un contrat individuel responsable. Un extra qui n’en a pas ne peut ni se dispenser de plein droit ni percevoir le versement ; il reste affilié, sauf si votre acte prévoit la dispense facultative des CDD de moins de douze mois. C’est la raison pour laquelle beaucoup de DUE gagnent à prévoir ce cas. Le seuil de 15 heures par semaine n’exclut donc personne de la mutuelle : il ouvre seulement la voie du versement santé. Pour le commerce, où le temps partiel domine, voir aussi « Mutuelle et prévoyance dans le commerce : pourquoi le temps partiel change toute la donne ».
Le calcul du versement santé en 2026, pas à pas
L’article D. 911-8 fixe la méthode. Le versement est calculé chaque mois, en appliquant un coefficient à un montant de référence. Le montant de référence est la contribution mensuelle que vous verseriez pour ce salarié s’il était affilié, dans sa catégorie. Lorsque cette contribution est forfaitaire, on la proratise : heures prévues par le contrat pour le mois divisées par 151,67 heures, la durée mensualisée correspondant à la durée légale, dans la limite de 1. La part proportionnelle au salaire n’est pas proratisée. Le coefficient est de 125 % pour un CDD ou un contrat de mission, et de 105 % pour un CDI ; cette majoration représente le financement de la portabilité, que le versement remplace aussi (article L. 911-7-1).
Un plancher protège le salarié : le montant de référence ne peut pas être inférieur à un montant national revalorisé chaque année par arrêté, proratisé de la même façon. Pour 2026, l’arrêté du 8 janvier 2026 le fixe à 22,27 € par mois, ou 7,44 € pour les salariés du régime local d’Alsace-Moselle (21,50 € et 7,18 € en 2025). Le versement est exclu de l’assiette des cotisations dans les mêmes conditions que la participation de l’employeur à une mutuelle responsable (article L. 242-1) ; il supporte la CSG-CRDS en totalité et, à partir de 11 salariés, le forfait social de 8 %.
Le tableau donne le résultat pour un extra dont la contribution d’affiliation serait de 25 €, la moitié d’une cotisation de 50 € par mois, selon les heures prévues dans le mois. Le plancher n’est pas déterminant ici, puisque 25 € dépasse 22,27 €. Il le devient quand l’employeur finance moins : avec une contribution forfaitaire de 16 €, c’est le plancher proratisé qui s’applique. Le versement est une somme que le salarié reçoit avec sa paie : faites-le paramétrer par votre gestionnaire de paie, mois par mois, plutôt que de le calculer à la main sur un tableur.
Versement santé 2026 d’un CDD, avec une contribution d’affiliation de 25 € par mois
| Heures prévues dans le mois | Part du mois (÷ 151,67 h) | Contribution proratisée | Plancher proratisé (22,27 €) | Montant de référence retenu | Versement (× 125 %) |
|---|---|---|---|---|---|
| 12 h | 7,9 % | 1,98 € | 1,76 € | 1,98 € | 2,47 € |
| 30 h | 19,8 % | 4,94 € | 4,40 € | 4,94 € | 6,18 € |
| 80 h | 52,7 % | 13,19 € | 11,75 € | 13,19 € | 16,48 € |
| 151,67 h ou plus | 100 % | 25,00 € | 22,27 € | 25,00 € | 31,25 € |
Exemple chiffré : un restaurant, six extras par mois
Hypothèses : un restaurant de 14 salariés permanents, donc soumis au forfait social, qui emploie six extras par mois, chacun pour 30 heures (cinq services de six heures) au SMIC horaire de 12,31 €, soit 369 € bruts. La mutuelle coûte 50 € par mois et par salarié, financée à parts égales : 25 € pour l’employeur. Les six extras sont en CDD d’usage de moins de trois mois et justifient d’un contrat individuel responsable. Le tableau compare les quatre réponses possibles.
L’affiliation coûte quatre fois plus que le versement santé : la cotisation est mensuelle, le versement suit les heures. La dispense facultative est la moins chère, mais elle laisse l’extra sans aide de l’employeur et n’existe que si votre DUE l’a prévue. Le versement santé est la seule option qui apporte une aide à l’extra sans le coût d’une affiliation. Côté salarié, 25 € de part salariale représentent 6,8 % d’un brut de 369 € : cela explique en grande partie les refus, et laisse la dispense des 10 % hors de portée, puisque le seuil n’est atteint que sous 250 € de brut, soit environ 20 heures au SMIC.
Reste le risque du dernier scénario. Dans ce restaurant, 14 permanents et six extras représentent environ 6 000 € de contributions patronales par an (14 × 25 € × 12 + 6 × 25 € × 12). Si l’Urssaf juge le régime non obligatoire, ces 6 000 € sont réintégrés dans l’assiette sur trois ans plus l’année en cours, soit 21 000 €. À un taux de cotisations de 40 % à 45 %, hypothèse d’ordre de grandeur, la facture se situe entre 8 400 € et 9 450 € avant majorations, pour une économie de 1 944 € par an. L’article « DUE mutuelle et prévoyance : les 9 erreurs qui font perdre l’exonération URSSAF (et comment les corriger) » détaille le mécanisme et les majorations.
Coût comparé pour six extras par mois de 30 heures (hypothèses : 25 € de contribution employeur, forfait social de 8 %)
| Réponse | Coût employeur par mois | Coût employeur par an | Part salariale par extra | Ce qu’il faut avoir en main |
|---|---|---|---|---|
| Affiliation des six extras | 150 € + 12 € de forfait social = 162 € | 1 944 € | 25 € par mois, soit 6,8 % du brut | Bulletin d’adhésion, notice, déclaration d’affiliation puis de radiation à chaque contrat |
| Versement santé | 37 € + 3 € de forfait social = 40 € | 481 € | 0 € | Attestation de contrat responsable de chaque extra, calcul mensuel des heures |
| Dispense facultative écrite (CDD de moins de 12 mois) | 0 € | 0 € | 0 € | Cas prévu dans la DUE ou l’accord, demande écrite datée avec mention d’information |
| Ni affiliation ni écrit | 0 € en apparence | Redressement de 8 400 à 9 450 € sur 3,5 ans | 0 € | Rien : le scénario à éviter |
Ce que risque une dispense non conforme en cas de contrôle
Le contrôleur travaille sur trois pièces : l’acte qui institue le régime, le contrat d’assurance et, pour chaque salarié non affilié, la demande de dispense. Il compare la liste des salariés avec celle des affiliés ; chaque écart doit s’expliquer par une dispense écrite, justifiée et prévue. En l’absence de demande écrite, le régime n’est pas regardé comme obligatoire pour ce salarié, et c’est l’exonération de l’ensemble des contributions qui est contestée, non la seule part du salarié concerné.
La jurisprudence récente est sans ambiguïté. Dans un arrêt du 25 avril 2024 (pourvoi n° 22-17.508), la deuxième chambre civile de la Cour de cassation a donné raison à l’Urssaf contre un employeur dont le régime excluait automatiquement les CDD de moins de douze mois, sans demande écrite de ces salariés : sans manifestation d’un refus d’adhésion, le régime n’avait pas de caractère obligatoire, condition de l’exonération. L’exclusion « de bon sens » des contrats courts, fréquente dans les secteurs à forte rotation, n’est donc pas une dispense. L’article R. 242-1-6 exige une demande portant la mention que le salarié a été informé des conséquences de son choix.
Les conséquences se chiffrent comme pour toute DUE défaillante : réintégration des contributions dans l’assiette sur trois ans plus l’année en cours, majorations de retard, régularisation pour l’avenir seulement. Inversement, une dispense régulière ne remet pas en cause le caractère obligatoire du régime : vous conservez l’exonération. Le coût d’une demande de dispense bien tenue est de quelques minutes à l’embauche ; celui d’une demande absente peut se compter en milliers d’euros.
La procédure pour gérer les refus par écrit, en six étapes
Une procédure simple, appliquée à chaque embauche d’extra ou de CDD court, suffit. Elle tient sur une page et se délègue au gestionnaire de paie ou à l’assistant de direction, à condition que le dirigeant ait fait relire l’acte une fois. Un formulaire unique, avec cases à cocher pour chaque cas de dispense, évite les rédactions approximatives.
Deux précisions de bon sens. Un salarié dispensé peut à tout moment changer d’avis et rejoindre le régime ; l’inverse suppose une nouvelle demande écrite. Et une demande de dispense qui ne correspond à aucun cas prévu par les textes ou par votre acte doit être refusée : l’accepter par complaisance, c’est offrir un redressement au contrôleur.
- Informer à l’embauche : remettre avec le contrat la notice de la mutuelle et un document qui explique l’affiliation, ses cas de dispense et le versement santé, afin que le choix soit éclairé.
- Recueillir la demande écrite : datée et signée, elle précise le cas de dispense invoqué, les garanties auxquelles le salarié renonce et la mention qu’il a été informé par l’employeur des conséquences de son choix (article R. 242-1-6) ; pour la dispense de plein droit des CDD courts, elle est formulée à l’embauche (article D. 911-5).
- Qualifier le cas : de plein droit (voir le tableau), facultatif (vérifier que votre DUE ou votre accord le prévoit) ou aucun ; dans ce dernier cas, le salarié est affilié, même s’il refuse.
- Collecter et conserver le justificatif : attestation de contrat individuel responsable avec bénéficiaires et dates de couverture, attestation de droits à la C2S, justificatif de l’autre couverture, à renouveler chaque année pour celle obtenue par un autre emploi.
- Décider du versement santé : dû de droit si la dispense est celle du CDD de moins de trois mois ; sinon, seulement si votre accord ou votre DUE le prévoit ; calculer au mois les heures, le coefficient et le plancher, et paramétrer la paie.
- Suivre les échéances : fin du contrat, renouvellement portant la couverture à trois mois ou plus, fin des droits à la C2S ou du contrat individuel, fin de l’autre couverture ; un tableau mis à jour à chaque embauche et chaque 1er janvier suffit.
Les erreurs fréquentes, et les situations où le sujet est mineur
Les erreurs se répètent d’un restaurant, d’un commerce ou d’une entreprise d’événementiel à l’autre. La première est d’exclure par principe les contrats courts, sans écrit : c’est le cas jugé en 2024. La deuxième est de confondre le seuil de 15 heures par semaine avec une exclusion. La troisième est d’oublier que la dispense de plein droit des CDD de moins de trois mois suppose un contrat individuel responsable justifié, et non une simple déclaration.
Le sujet est mineur dans trois situations. Une entreprise sans contrats courts n’a aucune dispense à gérer. Une entreprise dont l’organisme assureur fournit les formulaires et suit les justificatifs, à condition d’en vérifier les mentions, gagne du temps. Et une entreprise qui choisit d’affilier tout le monde, sans dispense facultative, paie davantage mais n’a rien à documenter hors dispenses de plein droit : pour six extras, l’écart avec le versement santé est de l’ordre de 1 500 € par an, ce qui compte en restauration mais ne justifie pas de prendre un risque sur l’exonération. Ce sujet relève de la protection sociale complémentaire ; votre expert-comptable ou votre assureur peut le traiter avec vous.
- Accepter un refus par SMS ou de vive voix, sans formulaire daté ni mention d’information préalable.
- Dispenser un CDD de moins de douze mois sans que la DUE ou l’accord ait prévu ce cas.
- Calculer le versement santé sur le forfait temps plein, sans proratiser les heures du mois ni appliquer le coefficient de 125 %.
- Ne pas surveiller les renouvellements : un extra reconduit au-delà de trois mois sort de la dispense et doit être affilié.
- Laisser un justificatif se périmer : contrat individuel résilié, droits à la C2S terminés, couverture du conjoint arrêtée.
- Oublier l’effet de l’affiliation sur la portabilité : un CDD affilié peut ouvrir, à son départ et sous conditions, un maintien des garanties, apprécié en mois et arrondi au mois supérieur, financé par la mutualisation (article L. 911-8 ; voir « Portabilité mutuelle et prévoyance : ce qu’elle coûte vraiment à l’employeur et les pièges après un départ »).
Ce qu’il faut retenir
Trois règles suffisent. Le refus d’un extra n’a d’effet que s’il repose sur un cas de dispense prévu par les textes ou par votre acte, et sur une demande écrite portant la mention d’information. Le CDD dont la couverture serait inférieure à trois mois, qui justifie d’un contrat individuel responsable, se dispense de plein droit et reçoit le versement santé, calculé sur un montant de référence d’au moins 22,27 € par mois en 2026 pour un temps plein, proratisé aux heures et majoré de 25 %. Les autres cas, CDD de moins de 12 mois et temps partiel à 10 %, doivent être écrits dans votre DUE ou votre accord.
L’inaction se chiffre : pour un restaurant de 14 salariés et six extras, une économie de 1 944 € par an sur l’affiliation peut devenir un redressement de 8 400 à 9 450 € sur trois ans et demi, plus majorations, si les écrits manquent. Un formulaire unique et un tableau de suivi représentent quelques heures de travail une fois pour toutes.
La prochaine étape consiste à relire votre DUE ou votre accord pour vérifier que les cas de dispense que vous appliquez y figurent. Le diagnostic gratuit en ligne et l’appel découverte de 30 minutes d’EXP Capital peuvent servir à cette relecture, parmi d’autres interlocuteurs possibles, votre expert-comptable ou votre assureur en premier lieu. Pour comprendre ce qui est en jeu au-delà des extras, lisez « DUE mutuelle et prévoyance : les 9 erreurs qui font perdre l’exonération URSSAF (et comment les corriger) ».
Questions fréquentes
- Un extra qui refuse la mutuelle peut-il ne pas être affilié ?
- Oui, seulement s’il relève d’un cas de dispense prévu par les textes ou par votre DUE, et s’il l’a demandé par écrit, avec la mention qu’il a été informé des conséquences de son choix (article R. 242-1-6). Un refus oral n’a aucune valeur : l’employeur doit pouvoir produire la demande en cas de contrôle.
- À partir de quelle durée de CDD faut-il affilier ?
- Dès que la couverture collective atteindrait trois mois, renouvellements compris, l’extra doit être affilié, sauf autre cas de dispense. En dessous, il peut se dispenser de plein droit s’il justifie d’un contrat individuel responsable (articles L. 911-7 et D. 911-6). En dessous de douze mois, votre DUE ou votre accord peut aussi prévoir la dispense sans justificatif (article R. 242-1-6).
- Combien vaut le versement santé en 2026 ?
- Le montant de référence est la contribution mensuelle que vous verseriez pour un affilié, au minimum 22,27 € (7,44 € en Alsace-Moselle), proratisé sur 151,67 heures. Il est multiplié par 125 % pour un CDD ou une mission, 105 % pour un CDI. Un extra de 30 heures avec une contribution de 25 € perçoit environ 6,18 € ce mois-là.
- Le versement santé est-il obligatoire pour l’employeur ?
- Oui pour le CDD ou le contrat de mission dont la couverture serait inférieure à trois mois et qui a fait valoir la dispense de plein droit (article L. 911-7-1, IV). Pour les contrats de trois mois au plus ou les temps partiels de 15 heures par semaine au plus, c’est une faculté ouverte par accord ou par décision unilatérale.
- Que risque-t-on si les demandes de dispense ne sont pas conservées ?
- La réintégration dans l’assiette des contributions patronales du régime sur trois ans plus l’année en cours, avec majorations. La Cour de cassation l’a jugé le 25 avril 2024 pour des CDD de moins de douze mois exclus sans demande écrite. Conservez demande, justificatif et date pendant plusieurs années.
- Mon extra est étudiant et couvert par la mutuelle de ses parents : puis-je ne pas l’affilier ?
- Oui, s’il bénéficie, en tant qu’ayant droit, d’une couverture collective et obligatoire au titre d’un autre emploi, cas de dispense de plein droit (article D. 911-2). Il doit le demander par écrit et le justifier chaque année. Aucun versement santé n’est dû, puisque le cumul est exclu.
- Les extras de l’hôtellerie-restauration relèvent-ils d’une règle spéciale ?
- Pas pour les dispenses : les mêmes articles s’appliquent. L’extra est un CDD d’usage, autorisé dans ce secteur (article D. 1242-1). Ce qui change, c’est la branche : la convention HCR et son régime de santé peuvent fixer le financement et organiser l’affiliation ; vérifiez-les avant de rédiger votre DUE.
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Publié le 14 octobre 2026 · Mis à jour le 14 octobre 2026 · ChefEntreprise