Caution de marché et garantie financière en appel d’offres : combien ça coûte, et comment l’obtenir sans bloquer votre trésorerie ?
Une caution de marché coûte de 0,5 % à 2,5 % du montant garanti, selon la Banque de France, plus 70 € à 300 € de frais d’acte dans un tarif de catalogue. Sur un marché de 400 000 € HT, la retenue de garantie de 5 % représente 24 000 € TTC, gardés par le client pendant environ 25 mois ; la remplacer par une caution revient à 820 € à 1 050 €, contre environ 1 600 € de coût de financement si vous laissez la somme chez le client. L’économie disparaît si le garant exige un nantissement de 100 %.
Cinq garanties qu’on peut vous demander, et ce que chacune couvre
Quand un acheteur parle de « caution de marché » ou de « garantie financière », il désigne plusieurs engagements qui n’ont ni le même objet, ni le même montant, ni le même risque pour vous. La Banque de France en distingue cinq dans les marchés de travaux : caution de soumission, de restitution d’acompte, de bonne fin, de retenue de garantie, et caution en faveur du sous-traitant. Les quatre premières protègent votre client contre votre défaillance ; la dernière protège votre sous-traitant contre la vôtre. Avant de parler de prix, demandez laquelle on vous réclame.
Dans un marché public, le Code de la commande publique n’organise que l’avance, la retenue de garantie et leurs substituts, la garantie à première demande et la caution personnelle et solidaire (articles R2191-3 à R2191-42), tout en laissant le marché prévoir d’autres garanties pour un engagement particulier (article R2191-43), par exemple une garantie de bonne exécution écrite au cahier des charges. En marché privé, tout est contractuel, sauf deux protections d’ordre public : la loi du 16 juillet 1971 sur la retenue de garantie et l’article 14 de la loi du 31 décembre 1975 sur le paiement du sous-traitant.
La caution de soumission garantit le sérieux de l’offre et tombe à la signature du marché ou au rejet de l’offre. Elle se rencontre surtout dans des consultations privées, internationales ou à l’export : le Code de la commande publique n’en fait pas une garantie de droit commun, et si un règlement de consultation en réclame une, posez la question à l’acheteur avant de remettre votre offre. Vous pouvez aussi être bénéficiaire : en marché privé de travaux, le maître d’ouvrage doit garantir son propre paiement (article 1799-1 du Code civil), une protection souvent oubliée.
Les garanties de marché : objet, montant usuel, cadre et libération
| Garantie | À quoi elle sert | Montant usuel ou plafond | Cadre | Libération |
|---|---|---|---|---|
| Caution de soumission | Garantit le sérieux de l’offre | Fixé par l’acheteur dans la consultation | Contractuel ; surtout consultations privées, internationales ou export | À la signature du marché ou au rejet de l’offre |
| Restitution d’acompte (avance) | Garantit le remboursement de l’avance si les travaux ne sont pas exécutés | Montant de l’avance : 5 % à 30 % du TTC en marché public, minimum relevé pour une PME (30 % face à l’État, 10 % face aux grands acheteurs) | Avance de droit au-delà de 50 000 € HT et 2 mois (articles R2191-3 et R2191-7) ; contractuel en marché privé | Au remboursement de l’avance, précompté sur les acomptes |
| Bonne fin ou bonne exécution | Garantit l’exécution du marché | Marché public : défini au cahier des charges ; marché privé : 10 % à 15 % du TTC, dégressif, au maximum selon la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) | Contractuel (article R2191-43 en marché public) | Au plus tard à la réception des travaux en marché privé |
| Retenue de garantie ou sa substitution | Couvre les réserves à la réception et les désordres signalés pendant le délai de garantie | 5 % du TTC au plus ; 3 % pour une PME face à certains acheteurs publics | Loi du 16 juillet 1971 (privé) ; articles R2191-32 à R2191-42 (public) | Public : 30 jours après la fin du délai de garantie, garant libéré un mois au plus tard après ; privé : un an après la réception |
| Paiement du sous-traitant | Garantit à votre sous-traitant d’être payé | Montant du contrat de sous-traitance | Obligatoire en marché privé (loi du 31 décembre 1975, article 14) ; paiement direct en marché public | Au paiement des sommes dues ou à la mainlevée du sous-traitant |
La retenue de garantie : 5 % au plus, 3 % pour une PME face à l’État depuis 2025
La retenue de garantie est une somme que l’acheteur garde sur vos paiements pour couvrir les réserves formulées à la réception et les désordres signalés pendant le délai de garantie. En marché public, elle est prélevée par fractions sur chaque acompte, sur les règlements partiels définitifs et sur le solde (article R2191-34), puis remboursée dans les trente jours qui suivent l’expiration du délai de garantie (article R2191-35). Pour un délai d’un an, vous la récupérez donc environ treize mois après la réception, et jamais avant.
Le plafond est de 5 % du montant initial du marché, avenants compris, calculé toutes taxes comprises (article R2191-33). Depuis le décret du 30 décembre 2024, il est ramené à 3 % lorsque le titulaire est une PME au sens européen (moins de 250 personnes et 50 M€ de chiffre d’affaires ou 43 M€ de total de bilan) et que l’acheteur est l’État, ou un établissement public administratif de l’État (hors santé), une collectivité territoriale, un établissement public local ou un groupement dont les charges de fonctionnement dépassent 60 M€. La règle vaut pour les consultations lancées depuis le 1er janvier 2025. Ce sont des plafonds : le contrat peut prévoir moins.
La retenue n’est ni automatique ni négociable après coup. Elle doit figurer au cahier des clauses administratives particulières (CCAP) ou au contrat, et l’avis de marché ou le règlement de consultation précisent en principe les garanties exigées. Une fois le marché attribué, l’acheteur ne peut plus modifier les pièces contractuelles, rappelle la FNTP ; avant la date limite de remise des offres, en revanche, il peut répondre aux questions des candidats. C’est à ce moment-là que se demandent, par écrit, une dispense de garantie ou le choix d’une caution plutôt que d’une garantie à première demande.
Remplacer la retenue par une caution ou une garantie à première demande
Rien ne vous oblige à laisser la retenue chez le client. En marché public, le titulaire peut, pendant toute la durée du marché, la remplacer par une garantie à première demande ou, si l’acheteur ne s’y oppose pas, par une caution personnelle et solidaire (article R2191-36). L’acte suit un modèle fixé par l’arrêté du 22 mars 2019 (formulaires NOTI 7 et NOTI 8), couvre le montant total du marché sans dépasser la retenue remplacée (article R2191-38) et doit émaner d’un organisme agréé par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, que l’acheteur peut récuser (article R2191-41).
Il n’y a pas d’urgence au moment de l’offre. Si la garantie n’est pas constituée à la date de votre première demande de paiement, l’acheteur prélève la retenue correspondante, puis vous la reverse dès que la garantie est fournie (article R2191-40). Il n’existe pas de garantie partielle, et le garant est libéré un mois au plus tard après l’expiration du délai de garantie (article R2191-42). En marché privé de travaux, la loi de 1971 vous laisse remplacer la retenue à tout moment par une caution personnelle et solidaire ; le maître d’ouvrage ne peut pas exiger une garantie à première demande, et sans caution les sommes retenues doivent être consignées chez un tiers.
Les deux outils ne se valent pas pour vous. La garantie à première demande est autonome : le garant paie dans les quinze jours de la demande de l’acheteur, sans pouvoir lui opposer les exceptions du marché sauf fraude ou abus manifeste, puis se retourne contre vous. La caution est accessoire : le garant peut opposer les moyens que vous auriez vous-même. La FNTP conseille de privilégier la caution et compare la garantie autonome à un chèque en blanc tirable sur votre compte. Paradoxe du texte : en marché public, la garantie à première demande est un droit du titulaire, alors que la caution suppose l’accord de l’acheteur.
Substituer la garantie ne supprime donc pas le risque, elle le déplace. Si l’acheteur appelle l’acte pour des réserves non levées, la banque ou l’assureur paie, puis vous réclame le montant, ses frais juridiques et les intérêts. Vous portiez le risque envers votre client, vous le portez désormais envers votre garant : la retenue sur vos factures est remplacée par un engagement de remboursement, souvent assorti de sûretés. Ce qui compte n’est pas seulement le prix de l’acte, mais ce que vous avez signé pour l’obtenir.
Qui délivre la garantie, et combien elle coûte : banque, assureur-caution, société de caution, Bpifrance
Seuls des établissements agréés peuvent émettre une garantie de marché : banques, sociétés de caution (des établissements de crédit) et certaines sociétés d’assurance habilitées, rappelle la Banque de France. C’est un engagement par signature : l’émetteur ne décaisse rien, il prête sa signature, et le Code monétaire et financier le range parmi les opérations de crédit. La FNTP recommande de solliciter plusieurs garants, banques et assureurs spécialisés, plutôt que de s’en remettre à son seul banquier.
Le prix se compose, selon la FNTP, de frais d’émission forfaitaires et d’une commission annuelle en pourcentage du montant garanti. La Banque de France situe le coût d’un engagement bancaire autour de 0,5 % à 2,5 %, selon la nature de l’engagement, la qualité de crédit du client et la durée. À titre de repère de catalogue, la brochure 2024 d’une banque de réseau affiche 2 % par an pour une caution et 2,80 % par an pour une garantie à première demande, avec un minimum de 20 € par trimestre et des frais d’acte de 70 € (acte standard) ou 300 € (acte rédigé sur mesure). La qualité du bilan pèse d’abord sur le tarif final ; les autres frais de la relation bancaire sont détaillés dans « Frais bancaires professionnels : combien paie vraiment une TPE en 2026 ? ».
L’assureur-caution raisonne autrement. Il fixe, d’après votre bilan, une limite d’engagement qui lui est propre, distincte des lignes de votre banque, et réclame souvent le paiement d’avance de toutes les commissions pour la durée de l’acte, une pratique que la FNTP décrit comme assez courante chez les assureurs. En échange de sa signature, il exige une contre-indemnité : vous vous engagez à lui rembourser ce qu’il paierait en cas d’appel. Son tarif n’est pas nécessairement plus bas que celui d’une banque : seule une offre écrite le dit.
Bpifrance ne délivre pas la caution : sa garantie « court terme » couvre une part du risque que prend votre banque en émettant vos cautions de marché (soumission, restitution d’acompte, bonne fin, substitution de retenue, paiement des sous-traitants), à hauteur de 50 %, ou 60 % pour une création ex nihilo, selon la fiche du dispositif. Elle bénéficie à la banque, jamais à vous, qui garde une part de risque propre. À l’export, l’Assurance Caution Export couvre les banques qui émettent des cautions sur des contrats comportant au moins 20 % de part française. Demandez à votre banquier si votre dossier y est éligible : c’est parfois ce qui lui permet d’accorder la ligne.
Exemple chiffré : un marché de 400 000 € HT avec 5 % de retenue
Prenons un marché de travaux de 400 000 € HT, soit 480 000 € TTC avec une TVA à 20 %, payé par acomptes sur 12 mois. La retenue de 5 % porte sur le TTC : 24 000 €, dont 20 000 € hors taxes. Elle grossit à chaque acompte, reste entière pendant le délai de garantie d’un an, puis est remboursée dans les trente jours : 25 mois en tout. Hypothèses du tableau : commission de 1,5 % l’an (milieu de la fourchette de 0,5 % à 2,5 % de la Banque de France, lue comme un taux annuel) ; frais d’acte de 70 € à 300 € ; financement de la trésorerie à 5 % l’an ; TVA exigible à l’encaissement, de sorte que seule la part hors taxes de la retenue est à financer.
Lecture : laisser la retenue chez le client coûte environ 1 600 € de financement, soit 0,4 % du marché ; la caution revient à 820 € à 1 050 €, soit 0,2 % à 0,26 %. L’écart, de 530 € à 760 €, est modeste : ce que la caution achète, c’est surtout 24 000 € de liquidité au moment où le chantier consomme le plus de trésorerie. Pour une PME visée par le plafond de 3 % face à l’État, la retenue tombe à 14 400 € TTC et son coût de financement à environ 950 €, ce qui réduit d’autant l’intérêt de la substitution.
Le piège tient en une ligne du devis. Si le garant exige un nantissement de 100 % de la caution, vous bloquez 24 000 € sur un compte pour récupérer 24 000 € sur le chantier. Vous payez la commission (environ 750 €), les frais d’acte et l’écart entre le coût de votre financement et le rendement du compte bloqué (environ 1 250 € à 5 % contre 2,5 %), soit près de 2 070 € pour une trésorerie libérée de zéro. La FNTP juge le séquestre de trésorerie la plus défavorable des sûretés complémentaires, à n’envisager qu’en dernier ressort et sur une fraction du montant garanti.
À partir de quel coût de l’argent la caution devient-elle moins chère que la retenue ? Avec 1,5 % de commission et 70 € de frais, dès que votre trésorerie coûte ou rapporte plus de 2,6 % par an ; à 2 %, plus de 3,4 % ; à 2,5 %, plus de 4,2 %. Une entreprise dont l’excédent est placé à 3 % et à qui l’on propose une caution à 2 % a donc intérêt à laisser la retenue (950 € de coût d’opportunité contre 1 070 € à 1 300 €) ; une entreprise à découvert, dont le crédit de trésorerie coûte plus de 5 %, a intérêt à la substituer.
Marché de 400 000 € HT, retenue de 5 % : trois façons de la gérer (montants arrondis, hypothèses du texte)
| Poste | Retenue de garantie | Caution bancaire | Assurance-caution |
|---|---|---|---|
| Somme concernée | 24 000 € TTC retenus (20 000 € HT), remboursés 30 jours après le délai de garantie | 24 000 € TTC garantis pendant 25 mois ; vous encaissez 100 % des acomptes | 24 000 € TTC garantis pendant 25 mois ; vous encaissez 100 % des acomptes |
| Coût direct | 0 € | ≈ 750 € de commission (1,5 % l’an) + 70 à 300 € de frais d’acte | ≈ 750 € de commission (même hypothèse), souvent réglés d’avance, + frais éventuels |
| Coût de financement de la somme immobilisée (5 % l’an) | ≈ 1 600 € | 0 € si aucun nantissement | 0 € si aucun nantissement |
| Coût total sur 25 mois | ≈ 1 600 € | ≈ 820 € à 1 050 € | ≈ 750 € à 1 050 € |
| Ce que l’on vous demande en échange | Rien | Engagement de remboursement ; selon le bilan : caution du dirigeant, nantissement, séquestre | Contre-indemnité ; selon le bilan : garanties du dirigeant ou des associés |
| Effet sur vos lignes | Aucun | Consomme la ligne d’engagement par signature de la banque | Utilise la limite de l’assureur, distincte des lignes de la banque |
| Risque principal | Trésorerie tendue pendant 25 mois | Appel de l’acte : remboursement avec frais, relation bancaire sous tension | Appel de l’acte : contre-indemnité à rembourser |
Contre-garanties, caution du dirigeant, lignes de crédit : le prix qui n’est pas sur le devis
Le garant qui signe pour vous veut se couvrir. Il exige d’abord un engagement irrévocable de remboursement de tout ce qu’il pourrait payer : le montant appelé, ses frais juridiques et les frais financiers jusqu’à votre remboursement, parfois avec une autorisation de prélèvement sur votre compte. Quand le dossier lui paraît risqué, il ajoute des sûretés : garantie de la maison mère ou de filiales, nantissement d’un actif, séquestre de trésorerie. Pour une TPE, la contre-garantie la plus fréquente est la caution personnelle du dirigeant, dont les conséquences sont détaillées dans « Caution personnelle du dirigeant : le risque que vous avez signé sans le mesurer ».
C’est le vrai prix de la caution de marché, et le moins visible. Elle engage votre patrimoine pour une dette de la société, parfois bien au-delà de la fin du marché si l’acte reste muet sur la durée. Les réflexes sont ceux de toute caution : un plafond en euros égal au montant garanti, un terme aligné sur la mainlevée de la garantie de marché, une levée automatique dès la restitution de l’original. Demandez aussi à la banque si votre dossier est éligible à la garantie Bpifrance et ce que cela change aux sûretés exigées : la quotité de 50 % couvre le risque de la banque, pas le vôtre.
Chaque caution consomme une part de la ligne d’engagement par signature que le garant vous a accordée, et le montant de vos engagements compte dans la façon dont votre banque apprécie votre capacité à emprunter. Un carnet de commandes qui multiplie les chantiers peut donc saturer la ligne avant la fin des travaux, au moment où les besoins de cautions d’avance et de retenue sont les plus élevés. Une caution émise par un assureur n’entame pas la ligne de votre banque, mais elle ne rend pas votre bilan plus solide : elle déplace l’émetteur, pas le risque.
Tenez un inventaire par garant : actes émis, montant, date prévisionnelle de mainlevée, ligne disponible, avec une alerte dans votre agenda, comme le recommande la FNTP. Une ligne encombrée de cautions devenues sans objet, parce que personne n’a réclamé la restitution des originaux, continue de coûter des commissions et bloque de nouveaux marchés, alors que le garant n’a aucune raison de vous relancer. C’est une demi-journée de travail par an.
La méthode pour l’obtenir sans bloquer la trésorerie, en sept étapes
Le bon moment pour traiter le sujet n’est pas le jour où l’acheteur réclame l’acte, mais la lecture du dossier de consultation. La FNTP le résume : ne travaillez jamais dans l’urgence, négociez vos lignes à froid avec plusieurs garants, et gardez la maîtrise du texte que vous signez. Plus la garantie est demandée tard, moins vous avez de marge pour comparer, et plus le garant fixe seul les conditions. La liste suivante suit l’ordre réel d’un dossier.
Délais et pièces : avec une ligne d’engagement déjà accordée et un modèle d’acte standard, l’émission peut intervenir en quelques jours, certaines banques délivrant les actes en ligne avec signature électronique ; sans ligne, il faut compter le temps d’une instruction de crédit, de l’ordre de plusieurs semaines. Le dossier ressemble à celui d’un crédit, puisque le prix dépend d’abord de la qualité du bilan : copie du marché, modèle d’acte, comptes annuels, situation intermédiaire, carnet de commandes et plan de trésorerie. Le garant demande en outre une lettre de demande par laquelle vous vous engagez à le rembourser : vérifiez qu’elle n’est pas plus contraignante que l’acte lui-même.
- Lire l’avis de marché, le règlement de consultation et le CCAP : type de garantie, montant, durée, forme exigée, existence d’une avance.
- Chiffrer la somme en jeu : 5 % ou 3 % du montant TTC, avance éventuelle, calendrier de trésorerie du chantier jusqu’à la fin du délai de garantie.
- Poser vos questions à l’acheteur avant la date limite si une garantie vous paraît disproportionnée ou mal formulée : après l’attribution, les pièces contractuelles ne se modifient plus.
- Demander des offres écrites à deux ou trois garants, dont au moins un assureur spécialisé : commission, frais d’acte, paiement d’avance ou périodique, sûretés exigées, durée facturée.
- Choisir la forme la moins dangereuse pour vous : caution personnelle et solidaire plutôt que garantie à première demande quand l’acheteur l’accepte, avec le modèle d’acte du marché (NOTI 7 ou NOTI 8) ou, en marché privé, le modèle FBF-FNTP-FFB (fédérations bancaire, des travaux publics et du bâtiment).
- Constituer le dossier et lancer la demande bien avant votre première demande de paiement, pour éviter tout prélèvement de la retenue.
- Tenir l’inventaire des actes et réclamer la mainlevée dès l’expiration du délai de garantie, en prévoyant le temps nécessaire pour récupérer les originaux.
Les erreurs qui coûtent cher, et les cas où la retenue reste préférable
Les erreurs se répètent d’un dossier à l’autre. La plupart tiennent moins au prix de la garantie qu’à ce qui l’entoure, et elles se découvrent à la fin du chantier, quand le client a payé et que l’acte court toujours. Ne confondez pas la caution de marché, qui garantit votre exécution ou vos paiements, avec l’assurance décennale, qui couvre après réception les dommages de nature décennale : son prix est détaillé dans « Assurance décennale BTP : combien ça coûte vraiment en 2026, et ce qu’elle couvre exactement ». Et si votre besoin est de financer le délai de paiement de vos factures plutôt que la retenue, voyez « Combien coûte l’affacturage en 2026 ? Commission, financement, fonds de garantie : le vrai prix ».
La retenue de garantie reste le bon choix dans plusieurs cas. Une trésorerie excédentaire placée à 3 % quand la caution est facturée 2 % : la commission ne vaut pas la peine de la libérer. Un petit marché : sur 40 000 € HT, la retenue de 2 400 € TTC coûte de 95 € à 160 € de financement, contre environ 240 € pour une caution au tarif de catalogue, minimum trimestriel et frais d’acte compris. Une PME qui bénéficie du plafond de 3 % face à l’État. Et tout dossier où le garant réclame un nantissement de 100 % ou une caution personnelle sans plafond. En marché public, vous pouvez aussi refuser l’avance (article R2191-5) si la garantie qu’elle exige coûte plus que le financement qu’elle apporte.
- Laisser le garant imposer une caution personnelle du dirigeant sans plafond ni terme, alors qu’un engagement de la société, un nantissement ciblé ou une garantie Bpifrance auraient pu suffire.
- Accepter par défaut une garantie à première demande, plus facile à appeler et plus chère (2,80 % contre 2 % dans le tarif de catalogue cité), quand l’acheteur aurait accepté une caution.
- Se tromper de durée : un acte trop court peut être refusé par l’acheteur, un acte sans terme exprès continue de courir et d’être facturé.
- Oublier la mainlevée : sans restitution de l’original, la commission continue de courir et la ligne reste consommée.
- Accepter un nantissement de 100 % pour obtenir une caution : le coût est celui du tableau, sans trésorerie gagnée.
- Comparer des offres sur le seul taux de commission, en ignorant les frais d’acte, le paiement d’avance, les sûretés et la durée facturée.
Ce qu’il faut retenir
Une caution de marché coûte de 0,5 % à 2,5 % du montant garanti, plus des frais d’acte. Sur 400 000 € HT, elle ramène le coût d’une retenue de 5 % d’environ 1 600 € à 820 € à 1 050 €, à condition de ne pas être adossée à un nantissement de 100 %. Elle libère de la liquidité sans en créer : ce que vous gagnez en trésorerie, vous le payez en engagement de remboursement, en ligne consommée et parfois en caution personnelle. Pour un petit marché ou une trésorerie confortable, la retenue reste la formule la moins chère.
Le coût de l’inaction se chiffre. Laisser 24 000 € dormir 25 mois chez un client coûte environ 1 600 € de financement à 5 % ; sur trois chantiers comparables, ce sont 72 000 € de trésorerie qui attendent chez vos clients. À l’inverse, une caution adossée à un séquestre de 100 % coûte près de 2 070 € pour une liquidité nulle, et laisse un engagement actif longtemps après la fin du marché si personne n’en réclame la mainlevée. Ces écarts s’ajoutent aux autres fuites décrites dans « Les 7 erreurs de trésorerie les plus courantes chez les dirigeants de TPE/PME ».
La prochaine étape tient en trois documents : le CCAP du marché visé, la grille tarifaire de votre banque pour les engagements par signature, et une offre écrite d’un assureur-caution. Calculez ensuite, avec votre expert-comptable, le coût de votre propre trésorerie et le seuil à partir duquel la caution devient moins chère que la retenue. Si vous souhaitez un regard extérieur sur votre structure de garanties, le diagnostic gratuit en ligne et l’appel découverte de 30 minutes d’EXP Capital existent, parmi d’autres options comme votre banquier ou votre avocat. Pour mesurer ce que la garantie fait peser sur votre patrimoine, lisez « Caution personnelle du dirigeant : le risque que vous avez signé sans le mesurer ».
Questions fréquentes
- Quelle différence entre une caution de marché et une garantie à première demande ?
- La caution est accessoire au marché : le garant peut opposer à l’acheteur les moyens que vous auriez vous-même, et l’acheteur doit justifier sa créance. La garantie à première demande est autonome : le garant paie dans les quinze jours de la demande, sans discuter le marché sauf fraude ou abus manifeste. Elle est plus facile à appeler, plus chère (2,80 % contre 2 % dans un tarif de catalogue) et plus risquée pour vous.
- Combien coûte une caution de retenue de garantie ?
- De 0,5 % à 2,5 % du montant garanti selon la Banque de France, plus des frais d’acte (70 € à 300 € dans une brochure bancaire de 2024). Pour une retenue de 24 000 € gardée 25 mois, la commission va de 250 € à 1 250 €, soit 820 € à 1 050 € avec 1,5 % l’an, frais compris. Le tarif dépend d’abord de la qualité du bilan, de la nature de l’acte et de sa durée.
- La retenue de garantie est-elle toujours de 5 % ?
- C’est un plafond, pas un taux : 5 % du montant TTC au plus, en marché public comme en marché privé de travaux. Pour une PME, il est de 3 % face à l’État, à ses établissements publics administratifs (hors santé) et aux collectivités ou groupements de plus de 60 M€ de dépenses de fonctionnement, pour les consultations lancées depuis le 1er janvier 2025. Le CCAP peut prévoir moins, ou aucune retenue.
- Peut-on remplacer la retenue de garantie en cours de marché ?
- Oui, à tout moment, en marché public (article R2191-36) comme en marché privé de travaux. Pour éviter tout prélèvement, la garantie doit être constituée avant votre première demande de paiement ; sinon l’acheteur prélève la fraction correspondante et vous la reverse dès que l’acte est remis. La garantie couvre le montant total du marché sans dépasser la retenue, et il n’existe pas de garantie partielle.
- Que se passe-t-il si l’acheteur appelle la garantie ?
- Le garant paie l’acheteur, dans les quinze jours selon les modèles de marché public, puis vous réclame la somme, ses frais juridiques et les intérêts, en vertu de l’engagement de remboursement signé. Avec une garantie à première demande, l’acheteur n’a pas à justifier son appel ; avec une caution, il doit établir sa créance. Le litige se règle ensuite entre vous et l’acheteur.
- Quand la retenue et la caution sont-elles restituées ?
- En marché public, la retenue est remboursée dans les trente jours suivant l’expiration du délai de garantie, en règle générale un an après la réception ; le garant est libéré un mois au plus tard après cette expiration. En marché privé de travaux, le modèle de caution FBF-FNTP-FFB cesse d’avoir effet un an après la réception, même sans mainlevée, sauf opposition motivée du maître d’ouvrage. Réclamez l’original dès l’échéance.
- Faut-il une caution pour répondre à un appel d’offres public ?
- Pas en règle générale. Le Code de la commande publique encadre l’avance, la retenue de garantie et leurs substituts, pas une caution de soumission, plus fréquente en consultation privée ou internationale. Lisez l’avis, le règlement de consultation et le CCAP, et posez vos questions à l’acheteur avant la date limite de remise des offres.
Les contenus de ChefEntreprise sont rédigés et relus par l'équipe conseil d'EXP Capital, cabinet de courtage et d'optimisation dédié aux dirigeants de TPE/PME, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 25005915 (vérifiable sur orias.fr) et membre du réseau Le Rempart Financier. Nos règles d'écriture — et nos conflits d'intérêts potentiels — sont documentés publiquement.
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Publié le 14 octobre 2026 · Mis à jour le 14 octobre 2026 · ChefEntreprise