Quelle RC Pro choisir selon votre métier en 2026 ? Obligations, garanties clés et prix par profession
Il n'existe pas de meilleure RC Pro dans l'absolu : la bonne est celle dont l'activité déclarée, les garanties et le plafond correspondent à votre métier. En 2026, un consultant ou un freelance du numérique s'assure correctement pour 150 € à 600 € par an avec un plafond de 300 000 € à 1 million d'euros ; une agence web ou un e-commerçant pour 400 € à 1 500 € ; un artisan hors bâtiment, un restaurateur ou un commerçant pour 200 € à 900 € en RC seule, souvent intégrée dans la multirisque ; un agent immobilier pour 300 € à 1 200 € ; un professionnel de santé libéral de 100 € en paramédical à plusieurs dizaines de milliers d'euros en chirurgie. Pour une dizaine de professions réglementées, elle est légalement obligatoire ; pour les autres, elle est exigée par les clients bien avant de l'être par la loi.
RC Pro : de quoi parle-t-on exactement (et ce qu'elle n'est pas)
Le terme « RC Pro » recouvre en réalité trois garanties distinctes, souvent réunies dans un même contrat mais pas toujours. La responsabilité civile exploitation couvre les dommages causés à des tiers dans le cadre de la vie courante de l'entreprise, indépendamment de la prestation : un client qui glisse dans vos locaux, un salarié qui renverse une étagère chez un fournisseur. La responsabilité civile professionnelle couvre les dommages causés par votre prestation elle-même — une erreur de conseil, un retard de livraison, un défaut de paramétrage, une faute de diagnostic. La responsabilité civile après livraison ou après travaux couvre les dommages causés par un produit vendu ou un travail achevé, une fois qu'ils ont quitté vos mains.
La distinction compte parce que beaucoup de contrats d'entrée de gamme n'incluent qu'une ou deux de ces garanties. Un e-commerçant assuré en RC exploitation seule n'est pas couvert si un produit qu'il a vendu blesse un client ; un consultant assuré en RC exploitation n'est pas couvert pour l'erreur de conseil qui coûte 80 000 € à son client. Avant de comparer les prix, il faut donc vérifier laquelle des trois responsabilités le contrat couvre, et pour quelle activité précisément décrite dans les conditions particulières.
Deux contrats voisins ne doivent pas être confondus avec la RC Pro. La garantie décennale, obligatoire pour les constructeurs (article L241-1 du code des assurances), couvre pendant dix ans après la réception les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination : c'est un contrat distinct, nettement plus cher, que nous détaillons dans « Assurance décennale BTP : combien ça coûte vraiment en 2026, et ce qu'elle couvre exactement ». La RC des mandataires sociaux, elle, ne protège pas l'entreprise mais le patrimoine personnel du dirigeant mis en cause pour une faute de gestion : voir « RC mandataires sociaux (RCMS) : combien coûte la protection du dirigeant en 2026 ? ». Une entreprise peut avoir besoin des trois ; aucune ne remplace les autres.
Les professions où la RC Pro est légalement obligatoire
En France, l'assurance de responsabilité civile professionnelle n'est pas une obligation générale : elle n'est imposée que par des textes propres à certaines professions, le plus souvent réglementées. La liste ci-dessous reprend les principales, avec le texte qui fonde l'obligation ; elle n'est pas exhaustive, et chaque profession réglementée doit vérifier son propre texte ou interroger son ordre.
Pour tous les autres — consultants, formateurs, développeurs, agences de communication, commerçants, restaurateurs, artisans hors bâtiment, e-commerçants — la RC Pro est facultative au sens de la loi. Elle est en revanche de plus en plus souvent exigée contractuellement : appels d'offres, conditions générales d'achat des grands comptes, plateformes de mise en relation, baux commerciaux, contrats de franchise. Et pour une profession réglementée, exercer sans l'assurance obligatoire expose à des sanctions disciplinaires, parfois pénales (jusqu'à 75 000 € d'amende et six mois d'emprisonnement pour un constructeur sans décennale, article L243-3 du code des assurances), et surtout à répondre sur son patrimoine personnel en entreprise individuelle.
Un point souvent mal compris : le statut juridique ne change rien à l'obligation. Un micro-entrepreneur infirmier, agent commercial immobilier ou courtier est soumis aux mêmes textes qu'une société. À l'inverse, une SAS de conseil n'est pas obligée de s'assurer parce qu'elle est une société. L'obligation suit l'activité, pas la forme juridique — et c'est l'activité réellement exercée qui doit figurer au contrat.
- Professionnels de santé exerçant en libéral — médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pharmaciens, biologistes : article L1142-2 du code de la santé publique (loi du 4 mars 2002).
- Avocats : article 27 de la loi du 31 décembre 1971 (garantie souscrite collectivement par les barreaux). Notaires et commissaires de justice : textes propres à chaque profession.
- Experts-comptables : article 17 de l'ordonnance du 19 septembre 1945. Commissaires aux comptes : code de commerce.
- Agents immobiliers et administrateurs de biens : loi Hoguet du 2 janvier 1970 et son décret d'application (RC Pro et, en cas de maniement de fonds, garantie financière). Diagnostiqueurs immobiliers : article L271-6 du code de la construction et de l'habitation.
- Intermédiaires en assurance (courtiers, agents généraux, mandataires) : article L512-6 du code des assurances. Intermédiaires en opérations de banque : article L519-3-4 du code monétaire et financier. Conseillers en investissements financiers : article L541-3 du même code.
- Agents de voyages et opérateurs de tourisme : article L211-18 du code du tourisme (RC Pro et garantie financière).
- Constructeurs, architectes, bureaux d'études et maîtres d'œuvre : assurance décennale obligatoire (article L241-1 du code des assurances), distincte de la RC Pro.
- Transport routier de marchandises : la responsabilité civile des véhicules est obligatoire ; la couverture de la responsabilité contractuelle du transporteur sur les marchandises confiées est, selon les sources, présentée comme obligatoire ou comme simplement exigée en pratique — dans les faits, aucun donneur d'ordre sérieux ne confie un lot sans attestation.
Fiches métiers (1 à 5) : consultant IT, agence web, e-commerçant, artisan hors BTP, restaurateur
Consultant ou freelance IT. Risques typiques : erreur de conseil ou de développement entraînant une perte financière chez le client, retard de livraison, perte ou altération de données, violation involontaire de propriété intellectuelle. Garanties indispensables : RC professionnelle incluant les dommages immatériels non consécutifs (une perte financière sans dommage matériel préalable, le cas le plus fréquent dans le numérique), frais de défense, et de plus en plus une extension cyber ou données. Plafond conseillé : 300 000 € à 1 million d'euros par an, davantage si vous intervenez chez des grands comptes qui l'exigent (souvent 1 à 2 millions). Franchise : 300 € à 1 000 €. Prix 2026 : 150 € à 600 € par an pour un indépendant seul, 300 € à 900 € pour une petite structure.
Agence web ou marketing. Risques typiques : site livré non conforme ou indisponible, campagne portant atteinte à un tiers (droit à l'image, marque, diffamation), perte de données clients, manquement à la réglementation sur les données personnelles. Garanties indispensables : RC professionnelle avec dommages immatériels non consécutifs, atteinte aux droits de propriété intellectuelle, atteintes à la réputation et données personnelles, sous-traitance (indépendants, hébergeurs). Plafond conseillé : 500 000 € à 1,5 million d'euros. Prix 2026 : 400 € à 1 500 € par an pour une agence de trois à dix personnes, davantage avec une extension cyber.
E-commerçant. Risques typiques : produit défectueux qui blesse ou cause un dommage (RC produits, après livraison), non-conformité, défaut d'information précontractuelle, fuite de données de paiement, contrefaçon involontaire sur un produit importé. Garanties indispensables : RC exploitation et RC après livraison (c'est la garantie qui manque le plus souvent), frais de retrait de produits, protection juridique, extension données et cyber. Plafond conseillé : 500 000 € à 1 million d'euros, avec une attention particulière au sous-plafond « après livraison ». Prix 2026 : 400 € à 1 500 € par an selon le chiffre d'affaires et les produits (l'alimentaire, les cosmétiques, les jouets et l'électronique sont tarifés plus cher).
Artisan hors bâtiment (coiffeur, esthéticienne, mécanicien, fleuriste, tapissier, réparateur). Risques typiques : dommage corporel au client (brûlure, réaction allergique), détérioration du bien confié (véhicule, meuble, vêtement), intoxication ou blessure liée à un produit. Garanties indispensables : RC exploitation, RC professionnelle, garantie des biens confiés (souvent absente ou sous-plafonnée), RC après prestation. Plafond conseillé : 300 000 € à 1 million d'euros, avec un sous-plafond biens confiés cohérent avec la valeur des objets manipulés. Prix 2026 : 250 € à 900 € par an, fréquemment intégrés dans une multirisque professionnelle.
Restaurateur. Risques typiques : intoxication alimentaire, chute d'un client, incendie se propageant au voisinage, vol des effets des clients, dommage causé par un salarié lors d'une livraison. Garanties indispensables : RC exploitation avec intoxication alimentaire explicitement incluse, RC après livraison pour la vente à emporter et la livraison, recours des voisins et des tiers, protection juridique. Plafond conseillé : 1 million d'euros ou plus pour les dommages corporels, qui peuvent être lourds. Prix 2026 : 200 € à 550 € par an pour la RC seule, mais elle est presque toujours intégrée dans une multirisque à 1 000 € à 2 000 € qui ajoute l'incendie, le dégât des eaux, le vol et, idéalement, la perte d'exploitation (voir « Assurance multirisque professionnelle : combien ça coûte en 2026 ? »).
Fiches métiers (6 à 10) : santé libérale, agent immobilier, formateur, transporteur, commerçant
Profession libérale de santé. Risques typiques : erreur de diagnostic ou de traitement, infection, défaut d'information du patient, accident lors d'un acte. Garanties : la RCP médicale est obligatoire, avec un plafond légal minimal de 8 millions d'euros par sinistre et 15 millions par an depuis 2012, et de nombreux contrats portent le plafond à 10 ou 15 millions par sinistre. Le point décisif n'est pas le plafond mais la durée : la responsabilité médicale reste engageable dix ans après la consolidation du dommage, alors que la garantie subséquente légale minimale n'est que de cinq ans, un piège que nous détaillons dans « RC Pro médicale : le piège de la garantie subséquente que les praticiens découvrent trop tard ». Prix 2026 : 100 € à 300 € par an en paramédical (infirmier, kinésithérapeute), 300 € à 800 € pour un médecin généraliste, plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour les spécialités à risque (chirurgie, obstétrique, anesthésie).
Agent immobilier. Risques typiques : défaut de conseil sur un bien (vice, servitude, surface), erreur dans un mandat ou un compromis, manquement au devoir d'information, litige sur une estimation. Garanties : la RC Pro est obligatoire au titre de la loi Hoguet, avec un plancher légal de garantie annuelle de l'ordre de 76 000 €, très insuffisant au regard des enjeux d'une transaction ; une garantie financière s'ajoute en cas de maniement de fonds. Plafond conseillé : 1 million d'euros au minimum, 2 à 3 millions pour une agence réalisant des transactions importantes. Prix 2026 : 300 € à 1 200 € par an pour une agence, environ 100 € à 300 € pour un agent commercial indépendant rattaché à un réseau.
Formateur. Risques typiques : accident d'un stagiaire pendant une session (surtout en formation technique ou sécurité), dommage aux locaux loués, contenu erroné ayant causé un préjudice, litige avec un financeur sur l'exécution de la prestation. Garanties indispensables : RC exploitation couvrant les stagiaires et les locaux occupés temporairement, RC professionnelle avec dommages immatériels, protection juridique. Plafond conseillé : 300 000 € à 1 million d'euros, plus élevé pour les formations techniques avec manipulation d'équipements. Prix 2026 : 150 € à 500 € par an pour un formateur indépendant en formation tertiaire, nettement plus pour la formation sécurité ou en milieu industriel.
Transporteur routier de marchandises. Risques typiques : perte, vol ou avarie de la marchandise confiée, retard, dommage causé lors du chargement ou du déchargement, accident de circulation (couvert par l'assurance du véhicule). Garanties : RC contractuelle du transporteur sur les marchandises, en sachant que les contrats types plafonnent l'indemnisation à un montant par kilogramme et par colis (la limitation tombe en cas de faute inexcusable), ce qui impose une garantie à la valeur réelle ou une assurance marchandises distincte pour les lots de valeur ; RC exploitation ; garantie du chargement et du déchargement. Prix 2026 : ordre de grandeur de 800 € à 3 000 € par an pour une petite structure de un à cinq véhicules sur la seule RC marchandises, très variable selon la nature des marchandises, le rayon d'action et la sinistralité — ce poste se devise toujours, et se compare mal sans courtier spécialisé.
Commerçant en boutique. Risques typiques : chute d'un client, dommage causé par un produit vendu, incendie se propageant, dommage aux biens confiés (retouche, réparation), vol des effets des clients. Garanties indispensables : RC exploitation, RC après livraison pour les produits vendus, biens confiés si vous en manipulez, protection juridique pour les litiges avec le bailleur ou les fournisseurs. Plafond conseillé : 500 000 € à 1 million d'euros. Prix 2026 : 200 € à 800 € par an en RC seule, le plus souvent intégrée dans une multirisque de 800 € à 2 500 € qui reste, pour un commerce, le contrat de base.
Le tableau de synthèse : obligation, garanties clés, plafond et prix 2026 par métier
Le tableau ci-dessous condense les dix fiches. Les prix sont des fourchettes annuelles 2026 constatées pour des structures de petite taille sans sinistralité particulière ; ils sont détaillés, avec ce qui les fait varier, dans « Combien coûte une RC Pro en 2026 ? Les vrais tarifs métier par métier ».
RC Pro par métier en 2026 : synthèse
| Métier | Obligation légale | Garanties clés | Plafond conseillé | Prix annuel 2026 (ordre de grandeur) |
|---|---|---|---|---|
| Consultant / freelance IT | Non | RC pro, immatériels non consécutifs, cyber | 300 k€ à 1 M€ | 150 € à 600 € |
| Agence web / marketing | Non | Immatériels, propriété intellectuelle, données, sous-traitance | 500 k€ à 1,5 M€ | 400 € à 1 500 € |
| E-commerçant | Non | RC après livraison, retrait de produits, données | 500 k€ à 1 M€ | 400 € à 1 500 € |
| Artisan hors BTP | Non (sauf activité réglementée) | Exploitation, biens confiés, après prestation | 300 k€ à 1 M€ | 250 € à 900 € |
| Restaurateur | Non | Intoxication alimentaire, recours des voisins, après livraison | 1 M€ et plus en corporel | 200 € à 550 € (RC seule) |
| Profession libérale de santé | Oui (art. L1142-2 CSP) | RCP médicale, garantie subséquente 10 ans | 8 M€ minimum légal par sinistre | 100 € à plusieurs dizaines de milliers d'euros |
| Agent immobilier | Oui (loi Hoguet) | RC pro, garantie financière si maniement de fonds | 1 M€ à 3 M€ | 300 € à 1 200 € |
| Formateur | Non | Stagiaires, locaux occupés, immatériels | 300 k€ à 1 M€ | 150 € à 500 € |
| Transporteur de marchandises | Véhicules : oui ; marchandises : exigée en pratique | RC contractuelle marchandises, chargement et déchargement | Selon la valeur des lots | 800 € à 3 000 € (très variable) |
| Commerçant en boutique | Non | Exploitation, après livraison, biens confiés | 500 k€ à 1 M€ | 200 € à 800 € (RC seule) |
Les 6 clauses à lire avant de signer
Première clause : base réclamation ou fait générateur. Depuis 2003, un contrat de responsabilité civile peut être déclenché soit par le fait dommageable (le contrat en vigueur au moment de la faute paie, même si la réclamation arrive des années plus tard), soit par la réclamation (le contrat en vigueur au moment où le client réclame paie). La quasi-totalité des RC Pro sont en base réclamation. Deuxième clause, qui en découle : la garantie subséquente. L'article L124-5 du code des assurances impose qu'après résiliation, les réclamations portant sur des faits antérieurs restent couvertes pendant au moins cinq ans, durée portée à dix ans dans certaines situations, notamment pour une personne physique qui cesse définitivement son activité. Le plafond applicable à cette période est unique pour l'ensemble des cinq ans, comme l'a précisé la Cour de cassation en 2025. Changer d'assureur sans lire cette clause, c'est risquer qu'un dossier ancien ne soit couvert par personne.
Troisième clause : la territorialité. Un contrat « France » ou « Union européenne » ne couvre pas une prestation pour un client suisse, britannique ou américain, et les États-Unis et le Canada sont presque toujours exclus ou tarifés à part. Si vous facturez à l'étranger, même ponctuellement, la clause doit le dire. Quatrième clause : la sous-traitance. Vérifiez que les dommages causés par vos sous-traitants sont couverts, et que votre propre intervention en tant que sous-traitant l'est aussi — certains contrats excluent l'un ou l'autre, et les plateformes de mise en relation créent des chaînes de sous-traitance que personne n'a déclarées.
Cinquième clause : les dommages immatériels non consécutifs. C'est la garantie centrale de tous les métiers de service : une perte financière subie par le client sans dommage matériel ou corporel préalable (un site indisponible, un conseil erroné, un fichier perdu). Beaucoup de contrats l'excluent ou la sous-plafonnent à 10 % ou 20 % du plafond général ; pour un consultant, un sous-plafond de 50 000 € sur 1 million d'euros de garantie revient à n'être presque pas assuré. Sixième clause : cyber et erreurs de données. La RC Pro classique couvre rarement les frais propres (restauration, notification, gestion de crise) ni les sanctions administratives ; une extension ou un contrat cyber distinct s'impose dès que vous traitez des données clients, sujet traité dans « Cyberassurance : combien ça coûte en 2026, et votre TPE en a-t-elle vraiment besoin ? ».
Les erreurs fréquentes, et ce que la RC Pro ne couvre jamais
L'erreur la plus coûteuse est l'activité déclarée incomplète. Le contrat couvre l'activité décrite aux conditions particulières, pas celle que vous exercez réellement. Un consultant qui développe aussi du logiciel, un graphiste qui vend des objets, un formateur qui fait du coaching individuel, un électricien qui pose des panneaux solaires : chaque activité non déclarée est un sinistre non couvert, et l'assureur peut invoquer la réduction proportionnelle de l'article L113-9 du code des assurances, voire la déchéance de garantie prévue au contrat. L'activité se décrit en phrases, pas en code APE, et se met à jour à chaque évolution.
Deuxième erreur : le plafond trop bas sur un contrat grand compte. Un plafond de 300 000 € convient à un freelance qui facture des PME ; il est insuffisant dès que vous signez avec un donneur d'ordre qui exige 1 ou 2 millions dans ses conditions d'achat — et ce donneur d'ordre vérifiera votre attestation. Troisième erreur, inverse : la double assurance avec la plateforme. Beaucoup de plateformes de mise en relation annoncent une « assurance incluse » ; elle couvre en général la plateforme et ses clients, dans des conditions étroites, et ne remplace pas votre RC Pro. Payer deux fois est rare ; croire être couvert alors qu'on ne l'est pas est fréquent.
Ce que la RC Pro ne couvre jamais, quel que soit l'assureur : la faute intentionnelle ou dolosive (article L113-1 du code des assurances), les amendes et sanctions pénales ou administratives, les dommages que vous subissez vous-même (votre matériel, vos locaux, votre perte d'exploitation — c'est le rôle de la multirisque), le simple fait de devoir refaire une prestation mal exécutée (le coût de la reprise reste à votre charge, seuls les dommages causés au client sont couverts), les impayés et litiges commerciaux sans faute, les engagements de résultat que vous auriez promis par contrat, et les dommages causés par un produit ou une activité que vous saviez non conformes.
Comparer en 5 étapes, et savoir quand une RC Pro en ligne entrée de gamme suffit
Comparer des RC Pro sur le seul prix affiché est le meilleur moyen de payer moins pour être moins couvert. La méthode suivante tient en une heure pour un métier simple, et sert de trame à une discussion avec un courtier pour un métier complexe.
Pour une partie des métiers, un contrat en ligne d'entrée de gamme est honnêtement suffisant : consultant ou freelance du numérique sans client grand compte, formateur en tertiaire, graphiste, petit commerce sans biens confiés, activité de service sans intervention physique chez le client. Les risques sont standardisés, les contrats proches, les écarts de prix de quelques dizaines d'euros. À condition de respecter la méthode ci-dessus — activité décrite, immatériels non consécutifs inclus, subséquente vérifiée — un contrat à 200 € par an fait le travail, et un courtier n'apportera pas grand-chose de plus.
Un courtier spécialisé devient utile, et souvent indispensable, dans cinq cas : activité réglementée à plafond élevé (santé, immobilier, intermédiation), activité mixte ou atypique que les questionnaires en ligne ne savent pas décrire, sinistre antérieur ou refus d'un assureur, clients grands comptes avec exigences contractuelles précises (plafonds, territorialité, subséquente), et métiers à forte composante corporelle ou produits (restauration, transport, e-commerce de produits sensibles). Là, la valeur du courtier n'est pas le prix : c'est l'acceptation du risque et la rédaction de l'activité. Nous sommes courtier nous-mêmes ; cet avis est donc à lire avec cette réserve, mais nous le maintenons dans les deux sens.
- Décrire votre activité réelle en trois à cinq phrases, avec les activités annexes, le chiffre d'affaires, la part réalisée à l'étranger et le profil de vos clients (particuliers, PME, grands comptes) : c'est ce texte, pas un code, qui doit figurer au contrat.
- Fixer le plafond cible à partir du pire dossier plausible et des exigences contractuelles de vos clients, puis vérifier les sous-plafonds (immatériels non consécutifs, biens confiés, après livraison) qui comptent pour votre métier.
- Demander trois devis sur cette base identique, en exigeant les conditions générales : repérer la base de déclenchement, la durée de garantie subséquente, la territorialité, la sous-traitance et les exclusions propres à votre activité.
- Comparer les franchises et les modalités de défense (frais d'avocat inclus ou non, libre choix de l'avocat, seuil d'intervention) plutôt que les seules primes.
- Relire l'attestation délivrée : elle doit mentionner l'activité, les plafonds et la période ; c'est elle que vos clients liront, et c'est elle qui fait foi en cas de litige avec eux.
Ce qu'il faut retenir pour choisir sa RC Pro
Quelle RC Pro choisir selon votre métier ? Celle dont l'activité déclarée est la vôtre, mot pour mot, dont les garanties correspondent au type de dommage que vous pouvez réellement causer (immatériels pour le conseil, après livraison pour la vente, corporels pour la restauration, biens confiés pour l'artisanat), dont le plafond tient face à votre pire dossier et aux exigences de vos clients, et dont la garantie subséquente protège vos anciens travaux. Pour les professions réglementées, le contrat est obligatoire et son plancher légal est souvent trop bas ; pour les autres, il est facultatif mais exigé par le marché.
Le coût de l'inaction se mesure en deux chiffres. D'un côté, 150 € à 1 500 € par an de prime pour la plupart des TPE. De l'autre, une mise en cause dans les services qui se chiffre couramment en dizaines de milliers d'euros de dommages et de frais de défense, et qui, en entreprise individuelle ou en cas de faute de gestion, remonte jusqu'au patrimoine personnel. Une activité non déclarée ou un sous-plafond ignoré produisent exactement le même résultat qu'une absence d'assurance, avec en plus les primes payées.
La prochaine étape : relisez les conditions particulières de votre contrat actuel et comparez l'activité qui y figure à celle que vous exercez aujourd'hui — c'est l'exercice de dix minutes qui révèle le plus de trous. Si un écart apparaît, demandez un avenant avant de demander des devis. Le diagnostic gratuit en ligne et l'appel découverte de 30 minutes d'EXP Capital peuvent compléter cette relecture, parmi d'autres options ; pour les montants détaillés par métier, poursuivez avec « Combien coûte une RC Pro en 2026 ? Les vrais tarifs métier par métier ».
Questions fréquentes
- La RC Pro est-elle obligatoire pour un auto-entrepreneur ?
- Seulement si son activité relève d'une profession à assurance obligatoire : santé, immobilier, intermédiation en assurance ou en crédit, bâtiment (décennale), agence de voyages, par exemple. Un auto-entrepreneur consultant, formateur, graphiste ou commerçant n'y est pas légalement tenu, mais ses clients ou les plateformes l'exigent souvent, et sa responsabilité s'exerce sur son patrimoine personnel en entreprise individuelle, sous réserve des protections légales.
- Quelle différence entre RC Pro et RC exploitation ?
- La RC exploitation couvre les dommages causés à des tiers dans la vie courante de l'entreprise, hors prestation (un client qui chute dans vos locaux). La RC professionnelle couvre les dommages causés par votre prestation elle-même (erreur de conseil, défaut de réalisation). Beaucoup de contrats réunissent les deux, mais pas tous : un contrat « RC exploitation » seul ne couvre pas la faute professionnelle.
- Qu'est-ce que la garantie subséquente d'une RC Pro ?
- C'est la période, après la fin du contrat, pendant laquelle les réclamations portant sur des faits antérieurs restent couvertes. Pour un contrat en base réclamation, l'article L124-5 du code des assurances impose un minimum de 5 ans, porté à 10 ans dans certains cas (cessation définitive d'activité d'une personne physique, notamment). Vérifiez-la avant tout changement d'assureur ou départ à la retraite.
- Quel plafond de garantie choisir pour une RC Pro ?
- Partez du pire dossier plausible de votre activité et des exigences de vos clients : 300 000 € à 1 million d'euros suffisent à la plupart des freelances et petites structures de service ; 1 à 2 millions dès que des grands comptes l'exigent ; 8 millions au minimum légal en santé. Vérifiez surtout les sous-plafonds (immatériels non consécutifs, biens confiés, après livraison), souvent bien inférieurs au plafond général.
- Que se passe-t-il si je n'ai pas déclaré toute mon activité ?
- Un sinistre lié à une activité non déclarée n'est pas couvert. Selon les cas, l'assureur applique la réduction proportionnelle de l'article L113-9 du code des assurances, refuse la garantie, ou invoque la nullité en cas de fausse déclaration intentionnelle (article L113-8). Décrivez votre activité en phrases complètes et demandez un avenant à chaque évolution, même ponctuelle.
- La RC Pro couvre-t-elle les cyberattaques et les pertes de données ?
- Rarement en totalité. Une RC Pro classique peut couvrir les dommages causés à des tiers par une perte de données, mais pas vos frais propres (restauration des systèmes, notification, gestion de crise) ni vos pertes d'exploitation. Pour cela, une extension cyber ou un contrat cyber distinct est nécessaire dès que vous traitez des données clients ; comptez quelques centaines d'euros par an pour une TPE.
- Peut-on résilier une RC Pro en cours d'année ?
- En général, le contrat se résilie à l'échéance annuelle avec un préavis d'un à deux mois, et dans certains cas hors échéance (cessation d'activité, changement de situation, selon les conditions du contrat). Avant toute résiliation, vérifiez la garantie subséquente de l'ancien contrat et la reprise du passé par le nouveau : une interruption de couverture entre deux contrats en base réclamation peut laisser des dossiers anciens sans assureur.
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