Facturation électronique obligatoire : combien ça va coûter à votre PME, et quelle plateforme choisir en 2026 ?
Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir des factures électroniques par une plateforme agréée ; une PME, une TPE ou une micro-entreprise devra émettre les siennes et transmettre ses données au plus tard le 1er septembre 2027. Le budget dépend surtout de vos outils : d’après les comparateurs de marché, de 0 à 15 € HT par mois pour un indépendant, de 10 à 50 € pour une TPE, de 50 à 300 € pour une PME, plus un paramétrage ponctuel. L’amende encourue est de 50 € par facture, plafonnée à 15 000 € par an, sans sanction pour une première infraction réparée.
Le calendrier réel : ce qui est déjà obligatoire, ce qui arrive en 2027
Le calendrier a été repoussé avant d’être fixé par la loi de finances pour 2024, ce qui entretient la confusion. À la date du 14 octobre 2026, il est stabilisé et les pages officielles le confirment : depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA et établies en France, quelle que soit leur taille, doivent pouvoir recevoir des factures électroniques par l’intermédiaire d’une plateforme agréée. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent en outre émettre leurs factures et transmettre leurs données depuis cette date ; les PME, TPE et micro-entreprises le feront au plus tard le 1er septembre 2027. Bercy évoque près de 10 millions d’acteurs concernés.
La taille s’apprécie par numéro SIREN au 1er janvier 2025, sur le dernier exercice clos avant cette date. Une micro-entreprise a moins de 10 personnes et au plus 2 M€ de chiffre d’affaires ou de total de bilan ; une PME, moins de 250 personnes et au plus 50 M€ de chiffre d’affaires ou 43 M€ de total de bilan. Une entreprise qui franchit un seuil après cette date ne change donc pas de calendrier. Les textes permettent à un décret de décaler l’échéance de 2027 de trois mois au plus, soit au 1er décembre 2027 ; à notre connaissance, aucun décret de ce type n’a été publié, et la DGFiP maintient l’échéance du 1er septembre 2027.
Deux précisions évitent des dépenses inutiles. Recevoir ne veut pas dire émettre : une PME doit déjà avoir désigné une plateforme pour recevoir les factures de ses fournisseurs concernés (énergie, télécoms, grands comptes), mais elle n’a aucune obligation d’émettre avant 2027, et, au titre de la réforme, un client ne peut ni lui imposer d’émettre par voie électronique avant cette date, ni lui imposer un format d’échange. Ensuite, le champ est limité : la facture électronique ne couvre que les opérations entre assujettis à la TVA établis en France ; les ventes aux particuliers et à l’étranger relèvent de l’e-reporting, c’est-à-dire d’une transmission de données. Le tableau ci-dessous récapitule le calendrier par catégorie.
Obligations de facturation électronique selon la taille de l’entreprise (taille appréciée au 1er janvier 2025, par SIREN)
| Catégorie | Critères | Réception des factures | Émission des factures | E-reporting |
|---|---|---|---|---|
| Grande entreprise | Plus de 5 000 personnes, ou chiffre d’affaires supérieur à 1,5 Md€ et bilan supérieur à 2 Md€ | Depuis le 1er septembre 2026 | Depuis le 1er septembre 2026 | Depuis le 1er septembre 2026 |
| Entreprise de taille intermédiaire | Moins de 5 000 personnes, hors PME, et chiffre d’affaires d’au plus 1,5 Md€ ou bilan d’au plus 2 Md€ | Depuis le 1er septembre 2026 | Depuis le 1er septembre 2026 | Depuis le 1er septembre 2026 |
| PME | Moins de 250 personnes et chiffre d’affaires d’au plus 50 M€ ou bilan d’au plus 43 M€ | Depuis le 1er septembre 2026 | Au plus tard le 1er septembre 2027 | Au plus tard le 1er septembre 2027 |
| Micro-entreprise, dont micro-entrepreneur | Moins de 10 personnes et chiffre d’affaires ou bilan d’au plus 2 M€ | Depuis le 1er septembre 2026 | Au plus tard le 1er septembre 2027 | Au plus tard le 1er septembre 2027 |
Ce qui change concrètement : facture structurée, plateforme agréée, e-reporting, nouvelles mentions
Une facture électronique n’est pas un PDF envoyé par courriel : un PDF simple n’en est pas une. C’est une facture qui contient des données structurées, exploitables par un ordinateur, émise, transmise et reçue par l’intermédiaire d’une plateforme agréée. Trois formats sont admis : UBL et CII, deux formats XML, et Factur-X, un PDF qui embarque ces données. Un fournisseur ne peut pas vous imposer un format, et les plateformes garantissent entre elles un socle commun. Les règles de fond de la facturation ne changent pas : la facture reste émise au fil de l’eau, au moment de la livraison ou de la prestation.
La plateforme agréée, anciennement appelée plateforme de dématérialisation partenaire, est un prestataire privé immatriculé par la DGFiP pour trois ans renouvelables. Elle émet, transmet et reçoit les factures, extrait les données utiles pour l’administration, construit l’e-reporting et met à jour l’annuaire central des destinataires. Le portail public de facturation initialement prévu n’existe plus comme outil d’échange : le décret du 27 juillet 2026 ne retient que les plateformes agréées et un annuaire central. Votre logiciel habituel, s’il est connecté à une plateforme agréée, est une solution compatible : il continue de servir, mais c’est la plateforme qui transporte la facture. La liste officielle recensait 101 plateformes immatriculées au 16 janvier 2026.
L’e-reporting concerne les ventes à des particuliers ou à l’étranger et les données de paiement des prestations de services. Sa fréquence suit le régime de TVA : tous les deux mois en franchise en base, une fois par mois en régime simplifié, trois fois par mois pour les transactions en régime réel normal mensuel. L’administration récupère 26 données obligatoires en 2026, puis 34 dès 2027, pour préremplir la déclaration de TVA. Pour vos clients publics, Chorus Pro reste la porte d’entrée, que vous pouvez désormais atteindre aussi par votre plateforme agréée. Quatre mentions nouvelles doivent enfin figurer sur vos factures, à partir de septembre 2027 pour une PME : elles sont listées ci-dessous.
- Le numéro SIREN du client, indispensable pour adresser la facture et l’identifier dans l’annuaire.
- La catégorie de l’opération : livraison de biens, prestation de services ou opération mixte, utile au préremplissage de la TVA.
- L’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, lorsque vous l’avez choisie.
- L’adresse de livraison des biens, adresse complète y compris le pays, si elle diffère de l’adresse de facturation.
Combien ça va coûter : les cinq lignes d’un budget de PME
Aucune source officielle ne publie de grille de prix : chaque plateforme fixe librement ses tarifs. Les fourchettes ci-dessous ont été relevées en octobre 2026 chez des comparateurs et des éditeurs, qui ont un intérêt commercial à vendre ; elles valent comme ordres de grandeur, à confirmer par devis. Un point officiel pèse pourtant sur le budget : la DGFiP écrit qu’il n’est pas toujours indispensable d’investir dans un nouveau logiciel, et que des solutions simples existent. Si votre outil de facturation ou de comptabilité est déjà compatible, le coût peut se limiter à une option.
Un budget de PME comporte cinq lignes. L’abonnement ou le forfait, d’abord, souvent plafonné en nombre de factures. Les modules optionnels, ensuite : relances, paiement en ligne, signature, archivage, à partir d’une dizaine d’euros par mois chacun. La mise en service et le paramétrage, qui vont de zéro à quelques milliers d’euros. La formation et le temps interne, que personne ne chiffre : de quelques heures pour une TPE déjà équipée à plusieurs jours pour une PME avec ERP, estimation rédactionnelle non officielle. Enfin le raccordement à vos outils de comptabilité ou de gestion, très variable.
Deux écarts de prix trompent. Le premier oppose le tarif affiché et le coût complet : les frais de mise en service et les modules sont souvent oubliés des comparatifs, et l’un d’eux recommande de majorer le tarif catalogue de 30 % à 60 %, un chiffre d’éditeur à manier avec prudence. Le second oppose forfait et volume : certaines offres facturent quelques dizaines de centimes par facture, ce qui avantage un petit volume et pénalise un gros. Demandez toujours le volume inclus, le coût du dépassement et ce que couvre l’e-reporting.
Les gains possibles, comme une saisie réduite, une déclaration de TVA préremplie ou un rapprochement plus rapide, existent mais aucune source officielle ne les chiffre pour une PME : n’inscrivez pas ces gains au budget avant de les avoir mesurés. En revanche, le coût de la qualité des données est certain : nettoyer le fichier clients est un travail interne qu’aucun abonnement ne remplace.
Budget indicatif d’une première année par profil (fourchettes relevées chez des comparateurs et des éditeurs en octobre 2026, non officielles, hors taxes)
| Profil | Abonnement par mois | Mise en service et paramétrage | Autres lignes | Première année, ordre de grandeur |
|---|---|---|---|---|
| Micro-entrepreneur ou indépendant | 0 à 15 € (offres gratuites plafonnées en volume) | Nulle ou symbolique | Modules facultatifs dès 10 € par mois | 0 à 200 € |
| TPE de 4 à 9 salariés, environ 100 factures par mois | 10 à 50 € | Quelques centaines d’euros au plus | Temps de paramétrage et formation internes | 250 à 700 € |
| PME de 10 à 49 salariés | 50 à 300 €, selon le volume et les modules | 1 000 à 2 500 € de mise en route (source unique) | Raccordement à l’ERP ou à la comptabilité : 0 à 5 000 € ; formation : 200 à 2 000 € (un seul comparateur) | 1 500 à 6 000 € |
Ce que vous risquez : amendes, droit à l’erreur et tolérance de démarrage
Les sanctions résultent de la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 123), qui a relevé les montants antérieurs ; le tableau les récapitule. Deux repères d’échelle : le plafond de 15 000 € pour les factures est atteint à 300 factures non émises par voie électronique, celui de l’e-reporting à 30 transmissions manquantes. Ce sont des montants encourus, pas des sanctions automatiques, et ils ne s’appliquent qu’à compter de l’échéance qui concerne votre entreprise.
Trois garde-fous existent. Une première infraction, commise l’année en cours ou au cours des trois années précédentes, n’est pas sanctionnée si elle est réparée spontanément ou dans les trente jours suivant une première demande de l’administration. L’absence de plateforme de réception donne lieu à une mise en demeure de trois mois avant toute amende. Enfin, le guide de démarrage de la DGFiP, publié en juillet 2026, annonce qu’aucune sanction ne sera appliquée aux entreprises en difficulté qui s’inscrivent dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité : cette tolérance n’est ni un report ni une suspension.
Ce que la réforme ne change pas : une facture reçue par courriel, en PDF ou sur papier ne doit pas être écartée pour ce seul motif, et son destinataire peut la payer et déduire la TVA si elle correspond à une opération réelle et comporte les mentions nécessaires. Le fournisseur soumis à l’obligation peut seulement être invité à régulariser la même facture par le circuit électronique. L’administration demande en revanche de conserver les preuves des démarches : choix de la plateforme, échanges avec l’éditeur, calendrier, tickets d’incident.
Le risque réel d’une PME n’est donc pas l’amende, mais la désorganisation : factures rejetées, paiements différés, grands comptes qui ne trouvent pas votre plateforme dans l’annuaire. C’est ce coût de friction, plus que le plafond de 15 000 €, qui justifie d’agir avant l’échéance.
Amendes prévues par la loi de finances pour 2026 (articles 1737 et 1788 D du CGI)
| Manquement | Amende | Plafond annuel | Garde-fous |
|---|---|---|---|
| Facture non émise par voie électronique alors que l’émission est obligatoire | 50 € par facture (15 € auparavant) | 15 000 € par année civile | Première infraction non sanctionnée si réparée sous 30 jours |
| Données de transaction ou de paiement non transmises (e-reporting) | 500 € par transmission (250 € auparavant) | 15 000 € par année civile | Première infraction non sanctionnée si réparée sous 30 jours |
| Aucune plateforme agréée désignée pour recevoir les factures | Mise en demeure de 3 mois, puis 500 € ; nouvelle mise en demeure, puis 1 000 €, puis 1 000 € par trimestre | Non précisé par les textes officiels consultés | Mise en demeure préalable de trois mois |
Quelle plateforme choisir : huit critères, par ordre d’importance
Le choix est libre et réversible. Vous pouvez désigner plusieurs plateformes, en retenir une pour l’émission et une autre pour la réception, et en changer à tout moment ; un fournisseur ou un client ne peut pas vous imposer la sienne. La DGFiP recommande de partir de vos besoins : maturité numérique, volume de factures émises et reçues, coût, outils déjà utilisés. Première question : votre logiciel de facturation, de caisse ou de comptabilité, ou votre banque, est-il déjà une plateforme agréée ou une solution compatible ? Si oui, vous n’avez souvent rien à choisir, seulement à activer. Huit critères permettent de trancher dans les autres cas, listés ci-dessous par ordre d’importance.
Le critère le moins regardé, la réversibilité, est celui qui protège le plus. Le décret du 27 juillet 2026 encadre le changement de plateforme : la nouvelle plateforme informe l’ancienne dans les deux jours ouvrables ; celle-ci dispose de cinq jours ouvrables pour s’y opposer, sur des motifs limités ; la nouvelle plateforme met à jour l’annuaire dans les quinze jours ouvrables suivant l’accord, exprès ou tacite, de l’ancienne. L’ancienne plateforme maintient certains services pendant un an et fournit, sous cinq jours ouvrés, les informations utiles à la continuité de votre activité. Ce changement ne préjuge pas de la résiliation du contrat : la durée d’engagement et les frais de sortie restent à lire.
- Immatriculation : le prestataire figure sur la liste officielle de la DGFiP, publiée sur impots.gouv.fr, comme plateforme immatriculée et pas seulement immatriculée sous réserve des tests d’interopérabilité ; un logiciel simplement compatible ne transmet rien à l’administration.
- Intégration avec vos outils : facturation, comptabilité, caisse, ERP, banque. Demandez qui réalise et qui paie le raccordement, et à quelle date il sera disponible.
- Périmètre réel de l’offre : réception incluse, émission, e-reporting des ventes aux particuliers et à l’étranger, données de paiement, statuts facultatifs, archivage.
- Tarification : forfait ou volume, factures incluses, coût du dépassement, modules, frais de mise en service, durée d’engagement, clause de revalorisation.
- Réversibilité : export de vos données et de vos factures, aide au changement, préavis et frais de sortie, documentation de mobilité fournie gratuitement.
- Sécurité : certification ISO 27001, données hébergées dans l’Union européenne, authentification forte, audits réguliers au titre de l’agrément.
- Support : assistance en français et délai de réponse en cas de rejet, car un rejet non traité est un encaissement retardé.
- Interopérabilité : capacité à échanger avec toutes les autres plateformes, sans surcoût pour vous.
L’effet sur votre trésorerie : statuts, rejets et délais de paiement
La réforme ne touche pas aux délais de paiement : sauf accord contraire, 30 jours après la livraison ou la prestation, et au plus 60 jours à compter de la date d’émission de la facture, ou 45 jours fin de mois. Le retard donne lieu à des pénalités d’au moins trois fois le taux d’intérêt légal et à une indemnité forfaitaire de 40 €. Ce qui change, c’est la manière dont le point de départ et la preuve sont établis : la facture est déposée sur une plateforme qui l’horodate, et l’argument de la facture jamais reçue perd l’essentiel de sa force.
Quatre statuts sont obligatoires. Le dépôt, quand la plateforme de l’émetteur accepte la facture, avec un horodatage. Le rejet, quand une plateforme n’accepte pas la facture pour un format non conforme ou des montants incohérents. Le refus, lorsque l’acheteur la refuse, de façon motivée et pour des motifs limités, jamais pour un simple litige commercial. L’encaissement, qui porte la date et le montant du paiement. D’autres statuts, facultatifs, dépendent des fonctions de la plateforme : c’est un critère de choix, car ce sont eux qui vous disent où se trouve la facture.
Chaque rejet ou refus allonge le cycle. Un rejet est un incident à corriger puis à renvoyer ; après un refus fondé, il faut émettre une nouvelle facture avec un nouveau numéro, et l’échéance se décompte en pratique à partir de cette nouvelle émission. Les causes sont presque toujours des données : SIREN du client absent ou erroné, adresse de livraison manquante, numéro de commande, taux de TVA incohérent. Un fichier clients propre vaut donc davantage qu’un abonnement plus cher.
Autre conséquence : pour les prestations de services dont la TVA est exigible à l’encaissement, c’est vous, fournisseur, qui déclarez la date et le montant encaissés, à la fréquence de votre régime de TVA. Un rapprochement bancaire tenu à jour devient indispensable à cette déclaration. Si vous cédez vos créances à un affactureur ou confiez l’émission de vos factures à un prestataire sous mandat, demandez-lui avec quelle plateforme agréée il émet : l’arbitrage entre ces protections est traité dans « Impayés clients : assurance-crédit, affacturage ou recouvrement, quelle protection choisir en 2026 ? » et le coût de l’affacturage dans « Combien coûte l’affacturage en 2026 ? Commission, financement, fonds de garantie : le vrai prix ».
La méthode en sept étapes, dans l’ordre
Pour une PME, la séquence compte plus que la vitesse. Les trois premières étapes concernent la réception, déjà obligatoire ; les quatre suivantes préparent l’émission de 2027. Comptez de quelques heures pour une TPE déjà équipée à plusieurs semaines, étalées, pour une PME avec ERP : estimation rédactionnelle, non officielle.
Une précision utile : une entrée volontaire avant 2027 est possible et peut être progressive, par clients ou par type de facture ; en cas d’échec, une entreprise non encore soumise peut revenir temporairement à ses modalités habituelles. C’est le moyen le moins coûteux de découvrir les rejets avant qu’ils ne puissent être sanctionnés. Les sept étapes ci-dessous suivent l’ordre recommandé.
- Vérifier votre catégorie (taille au 1er janvier 2025) et votre régime de TVA, avec le questionnaire que l’administration met en ligne sur impots.gouv.fr.
- Désigner une plateforme de réception, directement ou par votre logiciel, votre expert-comptable ou votre banque, signer l’accord formel, puis vérifier votre adresse dans l’annuaire, consultable sur le site de Chorus Pro.
- Cartographier vos flux : factures reçues, factures émises vers des professionnels français, ventes aux particuliers et à l’étranger, volumes mensuels, outils utilisés.
- Nettoyer le fichier clients : SIREN et SIRET, adresses de facturation et de livraison, numéros de commande, taux de TVA, intitulés des prestations.
- Choisir l’outil d’émission avant septembre 2027 : demander deux ou trois devis sur le même périmètre, comparer le coût complet sur trois ans et la réversibilité.
- Tester à blanc : émettre volontairement quelques factures vers des clients prêts, suivre les statuts et les rejets, former les personnes qui facturent et encaissent.
- Conserver les preuves : choix de la plateforme, échanges avec l’éditeur, calendrier de déploiement, incidents. Elles servent si l’administration vous contacte.
Quand ne rien faire tout de suite, et ce qui ne peut pas attendre
Plusieurs décisions peuvent attendre. L’émission d’abord : tant que votre échéance est fixée à 2027, aucun client ne peut vous l’imposer au titre de la réforme (un accord commercial reste possible), et changer d’outil en 2026 n’est pas une obligation. Si votre éditeur ou votre expert-comptable annonce la connexion de son logiciel à une plateforme agréée dans une prochaine mise à jour, attendre peut vous éviter un abonnement en double. L’e-reporting ensuite : sans vente aux particuliers ni à l’étranger, il se limite aux données de paiement de vos prestations de services.
Trois choses ne peuvent pas attendre. La plateforme de réception, parce que l’obligation est en vigueur et qu’une mise en demeure peut déjà être adressée. L’adresse de réception dans l’annuaire, qui conditionne ce que vos fournisseurs vous enverront. Et le fichier clients, seul chantier qui prend du temps et que personne ne peut faire à votre place : commencer cet automne plutôt qu’en juillet 2027 évite de le mener dans l’urgence.
Ne signez ni contrat pluriannuel ni option payante pour une obligation que votre outil actuel peut déjà couvrir, et vérifiez sur la liste officielle de la DGFiP, publique et gratuite, que l’offre proposée est bien une plateforme immatriculée. Ni un courtier en assurance ni un cabinet comme le nôtre n’est le bon interlocuteur sur le choix technique : l’expert-comptable et l’éditeur de votre logiciel le sont.
Dernier point, rarement mis en avant : la réforme ne sécurise pas vos virements. Son objectif affiché est le préremplissage des déclarations de TVA et la lutte contre la fraude fiscale, pas la vérification des coordonnées bancaires de vos fournisseurs. Un changement de RIB reçu par courriel ou par facture reste à confirmer par un second canal, comme le détaille « Fraude au président, faux fournisseur, faux RIB : pourquoi les PME sont visées et comment ne pas y laisser votre trésorerie ».
Ce qu’il faut retenir
La réception des factures électroniques est obligatoire depuis le 1er septembre 2026 ; l’émission le sera au plus tard le 1er septembre 2027 pour une PME. Le coût réaliste, sur les fourchettes de marché, est de l’ordre de 250 à 700 € la première année pour une TPE et de 1 500 à 6 000 € pour une PME, mises en service comprises, et le principal poste est interne : le fichier clients et le temps de paramétrage.
Le coût de l’inaction n’est pas d’abord l’amende, plafonnée à 15 000 € par an pour les factures, mais la friction : une facture rejetée repousse l’encaissement, une plateforme non désignée expose à une mise en demeure, et une préparation menée en 2027 dans l’urgence se fait avec moins de choix et moins de marge de négociation.
La prochaine étape tient en un après-midi : désigner la plateforme de réception si ce n’est pas fait, puis dresser la liste de vos flux et de vos outils. EXP Capital propose un diagnostic gratuit en ligne et un appel découverte de 30 minutes pour situer ce chantier parmi vos décisions de trésorerie. Pour le coût de votre compte professionnel, voir « Frais bancaires professionnels : combien paie vraiment une TPE en 2026 ? ».
Questions fréquentes
- La facturation électronique est-elle obligatoire pour une TPE ou une PME ?
- Oui, en deux temps. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. L’émission de ses propres factures et la transmission de ses données (e-reporting) s’imposent aux PME, TPE et micro-entreprises au plus tard le 1er septembre 2027. Une entrée volontaire est possible avant.
- Un PDF envoyé par mail est-il une facture électronique ?
- Non. Un PDF simple n’est pas une facture électronique au sens de la réforme : celle-ci contient des données structurées (UBL, CII ou Factur-X) et transite par une plateforme agréée. Jusqu’à l’échéance d’émission d’une PME, l’envoi par courriel reste possible, et une facture reçue par courriel ne doit pas être refusée pour ce seul motif.
- Quelle différence entre plateforme agréée et logiciel de facturation ?
- La plateforme agréée est un prestataire immatriculé par la DGFiP, seul habilité à transmettre les factures et les données à l’administration. Un logiciel de facturation compatible est connecté à une plateforme agréée : vous continuez à l’utiliser, mais c’est elle qui transporte les factures. Vérifiez la liste officielle sur impots.gouv.fr, qui comptait 101 plateformes immatriculées en janvier 2026.
- Que se passe-t-il si je n’ai pas choisi de plateforme pour recevoir mes factures ?
- Vous êtes en défaut depuis le 1er septembre 2026, mais sans amende immédiate : l’administration envoie une mise en demeure de trois mois, puis une amende de 500 €, puis 1 000 € après une nouvelle mise en demeure. Régularisez sans attendre ; entre-temps, les factures reçues par un autre canal doivent continuer d’être traitées et payées.
- Les micro-entrepreneurs et les entreprises en franchise de TVA sont-ils concernés ?
- Oui : la réforme vise les entreprises assujetties à la TVA établies en France, y compris les franchisés en base. Ils doivent recevoir depuis le 1er septembre 2026 et émettre au plus tard le 1er septembre 2027, avec un e-reporting tous les deux mois s’ils vendent à des particuliers ou à l’étranger. Des offres gratuites, plafonnées en volume, existent sur le marché.
- Combien coûte une plateforme agréée pour une PME ?
- Aucun tarif officiel n’existe. D’après les comparateurs de marché relevés en octobre 2026, comptez de l’ordre de 50 à 300 € HT par mois pour une PME de 10 à 49 salariés, plus un paramétrage et un éventuel raccordement à votre comptabilité. Comparez le coût complet sur trois ans, et exigez le volume inclus, l’e-reporting et les modules détaillés.
- Mon client peut-il m’imposer une facture électronique avant 2027 ?
- Non, au titre de la loi : un client ne peut pas imposer l’émission électronique à une entreprise dont l’échéance est fixée au 1er septembre 2027, ni lui imposer un format, et il ne doit pas refuser une facture au seul motif qu’elle n’est pas électronique. Un accord commercial reste possible, mais il n’a pas la valeur d’une obligation légale.
Les contenus de ChefEntreprise sont rédigés et relus par l'équipe conseil d'EXP Capital, cabinet de courtage et d'optimisation dédié aux dirigeants de TPE/PME, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 25005915 (vérifiable sur orias.fr) et membre du réseau Le Rempart Financier. Nos règles d'écriture — et nos conflits d'intérêts potentiels — sont documentés publiquement.
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